La banque verte met ses financements spécialisés et CA CIB à la diète

le 15/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La BFI, qui sort de 21 pays, et le crédit à la consommation, supportent les 2.350 suppressions de postes et les réductions de bilan annoncées hier

Deux métiers font en priorité les frais du plan d’adaptation présenté hier soir par Crédit Agricole SA. Première touchée, la banque de financement et d’investissement, qui a donné bien des maux de tête à la banque verte depuis le rachat d’Indosuez en 1996, va à nouveau réduire la voilure après le recentrage amorcé en 2008.

Pour réduire de 18 milliards d’euros ses besoins de liquidité d’ici à fin 2012 et de 30 milliards ses emplois pondérés en janvier 2013, CA CIB sortira de 21 pays sur 53. Certains activités (dérivés actions, commodities) seront abandonnées. Le Crédit Agricole n’en touche mot, mais des observateurs le verraient bien céder aussi, à terme, son courtage actions, alors que le groupe a déjà ouvert le capital de CLSA au chinois Citics. De fait, le courtier européen CA Cheuvreux paie un lourd tribut à la crise. Il devrait concentrer un tiers des 550 suppressions de postes annoncées en France par CA CIB, selon une source syndicale, les autres réductions d’effectif touchant les marchés (120), les financements (100) et les fonctions supports (160). En ajoutant les suppressions de postes à l’étranger, deux fois plus nombreuses, CA CIB se séparera de 1.750 collaborateurs.

Moins spectaculaires que dans la banque de financement, les restructurations en cours dans le crédit à la consommation sont tout aussi profondes. Les 600 suppressions de postes annoncées hier par Crédit Agricole SA dans sa filiale spécialisée CA CF, dont la moitié en France sur un effectif de 3.500 collaborateurs, sont la conséquence logique du diagnostic posé depuis près d’un an. Dès la présentation de son plan stratégique en mars, la banque verte avait annoncé le recentrage de ce métier consommateur de liquidité sous Bâle 3, avec le retrait de certains pays et l’arrêt de partenariats.

Crédit Agricole Consumer Finance doit réduire de 8 milliards d’euros ses besoins de liquidité d’ici à fin 2012, et d’autant ses encours, soit 13% environ. En interne, ces dernières semaines, la direction de la filiale a déjà annoncé un durcissement de l’octroi des crédits et la cession d’encours douteux.

Les activités de crédit-bail et d’affacturage, réunies dans une autre filiale, CA Leasing & Factoring, diminueront quant à elles leurs actifs d’un milliard. Là encore, le double levier des cessions de portefeuille et d’une réduction de la production sera utilisé.

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