Wendel va se désendetter et investir après la cession de Deutsch

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe indique qu'il jouera sur les deux tableaux et que le produit de la cession lui permettra de viser des cibles plus importantes

Hier après-midi avant la clôture, Wendel affichait sur son site un cours en forte hausse. Photo: PHB/Agefi

En acceptant de céder Deutsch à TE Connectivity, Wendel a obtenu un prix très supérieur aux estimations du marché, ce qui lui donne une marge de manœuvre suffisamment ample pour poursuivre sereinement ses activités. L’opération valorise Deutsch à 2,1 milliards de dollars, soit un multiple de 12,5 fois son Ebitda, selon les estimations des analystes de la Société Générale. «Le prix de cession se fait sur des niveaux relativement élevés si on compare les multiples de transaction qui sont environ le double des multiples de l’acquéreur aujourd'hui», souligne pour sa part un analyste parisien.

La cession, qui doit être bouclée d'ici fin juin 2012, comporte peu de risque pour Wendel puisque l’offre de TE Connectivity ne contient aucune condition d’obtention de financement. «La transaction est bien établie en euros de telle sorte que nous ne portons pas le risque de change», ajoute Frédéric Lemoine, le président du directoire du groupe.

Le marché a salué l'opération, l'action Wendel ayant bondi de 16,1% hier à 53,33 euros. «Le prix de cession aussi élevé découle du succès qu’a eu Frédéric Lemoine à abaisser le levier de la société. Cela permet de ne pas être forcé de vendre à n’importe quel prix», avance l'analyste. D’autant que le groupe envisageait plutôt une entrée en Bourse de Deutsch à moyen terme.

Le produit net de cession s’établit à 954 millions d’euros, contre un consensus d’analystes de 388 millions, souligne le groupe. Wendel dispose donc désormais d’une marge de manœuvre confortable pour rembourser sa dette ou procéder à de nouveaux investissements. Au 30 juin, l’endettement brut du groupe s’élevait à 4,985 milliards d’euros après avoir été réduit d’environ 3,5 milliards depuis 2009.

Le holding indique que ce cash servira à le désendetter mais aussi à investir, soulignant qu’il peut désormais viser des cibles plus importantes que ses précédentes acquisitions. Des analystes évoquent des cibles proches de 2 milliards d'euros. «Je pense que le curseur sera plus mis sur le désendettement que sur le réinvestissement», prévoit néanmoins Pierre Boucheny, chez Kepler.

L’impact sur l’actif net réévalué sera aussi supérieur aux estimations des analystes, la différence étant de 11 euros par action, selon Wendel. Le groupe communiquera demain sur son ANR, lors de sa journée investisseurs. Il s’établissait à 75 euros par action au 22 août mais les marchés ont continué à chuter depuis.

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