La CDC et la Banque Postale retardent le démarrage de leur société commune

le 01/12/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Caisse des dépôts évoque désormais juin 2012 pour le lancement de la filiale de financement des collectivités locales née du démantèlement de Dexia

Notre objectif c’est juin», et non fin mars. Augustin de Romanet, le directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), a créé la surprise en annonçant un démarrage plus tardif qu’attendu de son activité de financement des collectivités locales en partenariat avec La Banque Postale (LBP). Auditionné mardi soir par la Commission d’enquête sur les emprunts toxiques de l’Assemblée nationale, il a argué du délai de mise en place d’un réseau de terrain chez LBP, à qui la CDC apportera son savoir-faire.

Toutes deux doivent aussi négocier avec Dexia un transfert de ses compétences pour commercialiser des prêts «simples» et pour «réanimer» Dexma, l’agence de refinancement dont la CDC et LBP seront actionnaires au côté de la banque franco-belge. Le calendrier est tributaire d’un accord et du redémarrage du marché des obligations sécurisées.

En attendant, les collectivités peinent à se financer «depuis juillet», affirme Augustin de Romanet. «Les banques ne se présentent pas spontanément […] ou proposent des taux dissuasifs», en raison des règles de liquidité de Bâle 3 (défavorables aux clients non pourvoyeurs de dépôts) et de la crise des dettes souveraines. La Caisse des dépôts a débloqué une enveloppe de 3 milliards d’euros pour pallier ce retrait mais «les demandes sont cinq fois supérieures aux estimations initiales». La moitié distribuée directement par la CDC (le reste l’est par les banques) a été réclamée en totalité par les collectivités, mais aussi par les hôpitaux, inclus cette fois dans le dispositif. Si l’enveloppe de 5 milliards mise en place fin 2008 après le premier sauvetage de Dexia n’a été utilisée qu’à moitié, celle de 2011 va donc être rallongée de 2 milliards pour couvrir les besoins… jusqu’à fin avril.

La CDC a aussi chiffré le coût du passage à taux fixe des prêts structurés, toxiques ou non. Sur la base des encours à fin août, elle l’estime entre 4 et 10 milliards d’euros pour l'ensemble du marché français, dont un milliard pour les crédits les plus dangereux. Ces derniers représentent, selon l'institution, un quart des 15 milliards d’euros de prêts toxiques. Leur renégociation inclut une soulte au moins égale à 25% du capital restant dû. Augustin de Romanet ne s’est pas prononcé sur un partage de l’effort entre les collectivités, les banques, voire l’Etat désormais garant du stock de prêts de Dexia. La commission parlementaire rendra son rapport le 15 décembre.

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