L'IRDI et iXO mettent fin à huit ans de mariage pour divergence stratégique

le 07/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les dirigeants d'iXO PE vont réaliser un MBO sur leur société de gestion, qui fera sortir CDC Entreprises de son tour de table

Divorce à l’amiable dans le capital-investissement régional. L’IRDI (Institut régional de développement industriel) et iXO Private Equity (iXO PE) ont décidé de dénouer leurs liens capitalistiques et de séparer leurs équipes.

Les liens entre les deux institutions datent de la fondation d’iXO PE, en 2003. Jusqu’au mois de novembre, l’IRDI détenait en effet 36% du capital de la société de gestion et CDC Entreprises 27%. Les associés et salariés d’iXO PE en contrôlaient 37%. Ces derniers vont réaliser un management buy-out sur leur société.

Un groupement d’intérêt économique, qui sera dissous, avait été constitué en 2004 et placé sous la responsabilité d’iXO PE. Son équipe gérait les participations de l’institut, les co-investissements réalisés avec iXO PE, ainsi que le véhicule Midi-Pyrénées Croissance (de CDC Entreprises) et les fonds d’amorçage.

La séparation résulte d’une divergence de stratégie entre iXO et l’IRDI, détenu, entre autres, par les régions Midi-Pyrénées et Aquitaine, CDC Entreprises, la Caisse d’Epargne Midi-Pyrénées, LCL, EDF et Total. «Certains de nos actionnaires trouvaient que les missions d’origine de l’IRDI n’étaient plus respectées, notamment en matière d’innovation», explique Thierry Letailleur, qui a remplacé Christian Reynaud au poste de PDG de l’Institut régional en janvier.

Depuis son arrivée, la stratégie s’oriente autour de deux axes: le capital-développement tourné vers l’industrie, en particulier l’aéronautique, avec des investissements unitaires pouvant atteindre 5 millions d’euros; l’innovation, pour encourager l’externalisation de start-up issues de laboratoires de recherche. Un fonds d’amorçage sera levé cette année sous l’égide du Fonds national d’amorçage. L’IRDI, qui apportera 4 millions, espère collecter 30 millions d’euros.

Les ambitions d’iXO PE s’étendent, elles, dans tout le Sud de la France («de Poitiers à Nice», déclare son président Renaud du Lac) et privilégient les LBO (leveraged buy-out) et le capital-développement. Le gérant peut investir jusqu’à 10 millions d’euros dans une société.

Des 21 professionnels, 7 ont rejoint l’IRDI, qui a aussi procédé à deux recrutements. Cela dit, des liens persisteront. Les participations communes historiques seront logées dans un FCPR géré par iXO PE. En outre, rien n’empêche l’IRDI d’investir dans les prochains véhicules – ce qui devrait être le cas pour ICSO 3.

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