Jefferies se défend d'être un deuxième MF Global

le 07/11/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après le dépôt de bilan de son concurrent lundi dernier, le courtier a subi les foudres des marchés et a dû chiffrer son exposition à la zone euro

Après MF Global, Jefferies Group s’est à son tour retrouvé dans le collimateur des marchés la semaine dernière. Les investisseurs craignent que la firme de Wall Street connaisse le même sort que son concurrent qui a déposé le bilan il y a huit jours. Privé de financement, ce dernier avait dû se résoudre à cette solution après l’abaissement de sa note par deux agences qui lui reprochaient son exposition de 6,3 milliards de dollars aux dettes souveraines de la zone euro et un levier excessif.

L’action Jefferies a dû être suspendue deux fois à la Bourse de New York jeudi, sa chute ayant atteint jusqu’à 20%, après l’abaissement de sa note par une petite agence de notation, Egan-Jones Ratings, de BBB à BBB-. Elle juge trop élevée son exposition de 2,68 milliards de dollars à la dette souveraine européenne par rapport à ses fonds propres.

Jefferies avait déjà indiqué en début de semaine, en réaction aux mésaventures de MF Global, qu’il n’avait «pas d’exposition significative aux dettes souveraines des nations du Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne». Il a dû publier un second communiqué pour la chiffrer. Le montant de 2,68 milliards indiqué ne prend pas en compte ses couvertures et l'exposition nette courte totale s’élevait à 38 millions. Ce à quoi plusieurs analystes répondent que les couvertures impliquent un risque de contrepartie qui n'est pas de nature à rassurer les marchés. Pour preuve, si l’action Jefferies a atténué sa chute après l’achat d’un million d’actions supplémentaires par son actionnaire majoritaire Leucadia National, ses obligations ont continué de souffrir. Selon les données de Trace relayées par Bloomberg, leur rendement a dépassé le taux moyen des obligations d’entreprise notées en catégorie spéculative, à plus de 8%.

Comme pour MF Global, les investisseurs se méfient aussi du niveau de levier employé par les établissements de taille moyenne ne bénéficiant pas de dépôts de clients. Mais alors que le levier de MF Global s’élevait à 33, celui de Jefferies reste limité à 13.

Reste à convaincre les clients. Selon CNNMoney, des dizaines de hedge funds que le groupe compte dans sa clientèle chercheraient actuellement à héberger l’argent de leurs clients dans d’autres banques d’investissement. Une information démentie par un porte-parole de Jefferies.

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