Les acteurs historiques distancent le peloton dans le trading de crédit

le 24/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Deutsche Bank, JPMorgan et Barclays ont confirmé leur emprise sur ce marché. Les autres banques américaines peinent à retrouver leur rang

Historiquement très active sur les marchés de dette, Deutsche Bank continue de dominer les débats. Selon la première étude d’Euromoney menée sur les volumes d’échanges entre les mois d’avril 2010 et 2011 auprès d’environ 600 investisseurs (sociétés de gestion, compagnies d’assurances, banques commerciales…), l’établissement allemand s’est taillé la plus grosse part de marché dans plusieurs catégories en tant que contrepartie: les entreprises non financières investment grade (dont la qualité de crédit est supérieure à BB+), où elle occupe 17,3% des montants échangés devant Bank of America (13,5%) et JPMorgan (12,7%), ainsi que les CDS (credit default swaps, contrats d’assurance contre le risque de défaut) individuels et indiciels, et la titrisation.

Globalement, trois grands courtiers ont profité du rebond des marchés de crédit avant le regain de turbulences liées à la dette souveraine: avec Deutsche Bank, Barclays et JPMorgan monopolisent la plupart des podiums. Ainsi, «ils occupent par exemple près de 60% du montant des transactions avec les institutions financières investment grade et près de 53% dans les obligations à haut rendement (high yield)», explique Joti Mandat, le rédacteur de l’étude.

Dans ces deux catégories, l’établissement britannique arrive en tête. Il «a sensiblement accru ses ressources en financement à effet de levier au cours des 18 derniers mois, en renforçant ses équipes crédit et obligataire», rappelle Joti Mandat, tant en origination (arrangement d’émissions primaires) que dans le trading. Comme Deutsche Bank, Barclays est un acteur historique de la dette. Une expérience déterminante dans un climat de forte volatilité et de volumes d’échange réduits.

JPMorgan et Bank of America sont les seules banques américaines à afficher des parts de marché à deux chiffres dans les catégories générales (toutes devises confondues). JPMorgan figure sur tous les podiums sauf trois (CDS individuels, crédit en Asie et asset-backed securities – titrisation d’actifs). «Face à une réglementation tâtillonne, des bilans fragiles et un manque d’appétit pour le risque de crédit, les autres banques américaines, si influentes avant la crise, ont peiné à se faire une place», constate Joti Mandat. Parmi les banques françaises, BNP Paribas émerge quelque peu du lot, s’octroyant notamment une quatrième place sur le marché investment grade, entreprises comme institutions financières.

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