Les nouvelles normes de bonus s’imposent dans les banques d’investissement

le 20/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les recommandations du FSB sont largement appliquées, selon l'IIF et Oliver Wyman. Mais en 2010, les bonus garantis d'un an ont eu du succès

Les banques d’investissement appliquent désormais largement les nouvelles règles en matière de bonus. Dans une étude publiée ce matin, l’International Institute of Finance (IIF), qui représente le secteur, et le cabinet Oliver Wyman, soulignent que la quasi-totalité des banques appliquent les principes définis par le Conseil de stabilité financière (FSB), ou le feront à fin 2011. Ils ont mené l'enquête auprès de 51 banques: 26 européennes, 14 américaines, 7 asiatiques et 4 du Moyen-Orient.

Premier critère: 43% des rémunérations variables accordées en 2010 l’ont été sous forme différée. La proportion n’était que de 23% en 2007 et a crû chaque année depuis. Le FSB prône un taux de bonus différé compris entre 40% et 60% pour les dirigeants de banques et les opérateurs qui font prendre à ces établissements des risques substantiels.

Par ailleurs, 90% des groupes concernés (en raisonnant sur la base des revenus) ont mis en place des rémunérations variables différées sur 3 ans ou plus. En 2011, environ 20% ont même étendu cette période à 4 ans. Enfin, 92% des banques versent au moins la moitié de ce bonus différé sous forme d’actions ou d’instruments similaires, ce que recommande le FSB. Chez les 8% restants, la majorité entend le faire cette année.

Les évolutions sont moins nettes pour les bonus garantis. Les garanties sur plusieurs années, qui représentaient 0,5% du pool de bonus en 2008, ont certes diminué, mais pas complètement disparu (0,05% en 2010). Les bonus garantis à un an pour les nouveaux embauchés ont même connu un retour en grâce en 2010: ils ont représenté 8,5% de l’enveloppe totale, contre 4,5% en 2009. La situation risque de changer vu l'état actuel des marchés.

L’enquête fait aussi ressortir des craintes. Six banques sur dix ont augmenté les salaires fixes dans les front-offices, et 27% attendent des hausses pour 2011, ce qui a accru la base de coûts fixes alors que le marché s’est aujourd’hui retourné. Le risque de concurrence déloyale, à la fois entre juridictions et avec des acteurs non bancaires, est aussi mis en avant.

Dans tous les cas, «les dirigeants de banques devront faire de plus en plus attention aux effets des changements de leur politique de rémunération sur leur business model dans les prochaines années», conclut l’étude.

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