Le capital-risque a connu un sérieux ralentissement au premier semestre

le 04/10/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les levées plus faibles des fonds ISF et les incertitudes quant au potentiel de croissance des jeunes sociétés ont pesé sur le secteur

Les investissements des sociétés de capital-risque ont chuté de 22% en France au premier semestre, pour un montant total de 416 millions d’euros, selon le dernier indicateur de Chausson Finance. Du jamais vu depuis 2007. Seules 348 sociétés ont convaincu des investisseurs, soit 53 de moins qu’au semestre précédent, pour un montant moyen investi de 1,2 million d’euros contre 1,4 million un an plus tôt.

«En 2008, les fonds fiscaux (FCPI et FIP) avaient levé 1,13 milliard et en 2010, seulement 850 millions. Donc forcément cette baisse des montants collectés se ressent sur les montants investis», explique Sabine Fillias, directrice associée chez Chausson Finance. Elle ajoute que les fonds communs de placements à risque (FCPR) éprouvent quant à eux des difficultés à renouveler leurs propres levées, ce à quoi s’ajoute le contexte économique peu favorable cette année qui nourrit des doutes sur les capacités de croissance des jeunes sociétés.

«Les fonds sont de plus en plus attirés vers les sociétés plus matures, ce qui est probablement un mauvais calcul: les meilleurs investissements sont souvent réalisés à contre-cycle et sur des sociétés jeunes aux valorisations encore faibles», constate Sabine Fillias. Pour preuve: l’amorçage n’a attiré que 22 millions d’euros, soit seulement 5% des montants investis contre 282,5 millions d’euros pour les deuxièmes tours et les suivants.

Un secteur toutefois a toujours la cote auprès des investisseurs: l’internet et le e-commerce. Pour la première fois depuis 2000, en captant 24% des financements, c’est le premier secteur vers lequel se tournent les investisseurs, devant celui de la santé. Ce dernier a connu une lourde chute au premier semestre puisqu’il n’a récolté que 72 millions au premier semestre contre 130 millions lors du précédent.

Après avoir repris Oddo Private Equity en début d’année, Idinvest a été le fonds le plus actif au premier semestre, avec plus de 46 millions d’investissements.

Malgré l’aggravation de la situation économique depuis l’été, Chausson Finance espère du mieux pour la suite. «Si l’année restera difficile, je pense quand même que le second semestre sera meilleur que le premier», prévoit Sabine Fillias. Elle évoque notamment l’effet du report du 15 juin au 30 septembre de la déclaration d’ISF cette année, qui pourrait conduire à une augmentation des investissements jusqu’à cette date par les fonds ISF.

A lire aussi