Le LSE s'ouvre la voie à un rachat de LCH.Clearnet

le 28/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'offre concurrente de Markit n'a pas convaincu le conseil de la chambre de compensation. Les actionnaires doivent encore donner leur avis

Markit a reconnu publiquement sa défaite. Le fournisseur de données financières a échoué à convaincre le conseil d’administration de LCH.Clearnet Group Ltd d’accepter son offre d’achat à 15 euros par action. Ce retrait ouvre donc la voie à un rachat de la chambre de compensation franco-britannique par le London Stock Exchange (LSE), qui serait prêt, selon la rumeur, à proposer 21 euros par action pour obtenir 51% du capital.

Ni le LSE ni LCH.Clearnet ne faisaient hier de commentaires. Car la Bourse de Londres doit encore attendre avant de crier victoire. Le conseil de la chambre de compensation, où l’on trouve notamment des représentants de BNP Paribas, du Crédit Agricole et de la Société Générale, va désormais soumettre l’offre aux actionnaires. Détenue à 83% par ses membres et à 17% par Nyse Euronext, la holding LCH.Clearnet Group Ltd, qui coiffe les deux filiales opérationnelles à Londres et à Paris, doit faire approuver le projet à une majorité de 75%. Par ailleurs, le Nasdaq reste cité comme repreneur potentiel.

Xavier Rolet, le patron du LSE, peut cependant déjà pousser un soupir de soulagement. La Bourse de Londres est restée à l’écart du processus de consolidation – horizontale et verticale – du secteur depuis le rachat de Borsa Italiana en 2007, si l’on excepte la reprise de Turquoise. Elle a aussi échoué cette année à fusionner avec l’opérateur canadien TMX dans ce qui est apparu à beaucoup comme une transaction par défaut. Résultat, le groupe londonien, qui a par ailleurs résisté à toutes les tentatives de rachat, risque de voir se dresser devant lui le mastodonte issu du projet de fusion entre Deutsche Börse et Nyse Euronext. Un géant du cash actions mais aussi des dérivés, et possédant en outre des services de post-marché intégrés, à la différence du LSE.

Remporter LCH.Clearnet marquerait à cet égard un changement notable dans la stratégie de la Bourse de Londres, qui adopterait ainsi la structure en silo de sa concurrente allemande. Un modèle de développement mieux à même de profiter des évolutions réglementaires qui vont diriger vers les chambres de compensation une part croissante des opérations de gré à gré. En perte de vitesse sur le clearing actions, LCH.Clearnet revendique en effet le premier rang mondial du secteur sur les swaps de taux à travers sa plate-forme Swap Clear.

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