Axa se retire en partie du private equity

le 26/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'assureur veut céder sa société de gestion Axa PE mais conserver ses parts dans les fonds

Dominique Senequier AXA Private Equity (photo : Antoniol Bloomberg)

Axa a mandaté Credit Suisse pour organiser la vente d’Axa Private Equity. Dévoilée vendredi par SkyNews, l’information n’a pas été officialisée, mais confirmée à L'Agefi par une source proche. C’est une surprise de taille. Axa PE est l’un des acteurs les plus importants au monde dans l’univers du capital-investissement. Présidé par Dominique Senequier (photo), il gère 28 milliards de dollars et couvre l’ensemble des métiers du private equity: capital-risque et développement, LBO, fonds de fonds, co-investissement, mezzanine et infrastructures.

De sources financières, Axa n’entend céder que la société de gestion et conserverait des participations dans les fonds. Celles-ci sont d’un montant non négligeable: les «tickets» de la compagnie oscillent de 20% à 33% du montant des fonds de fonds secondaires, fonds de LBO et fonds infrastructures. Ils sont supérieurs à 50% pour les fonds de fonds primaires et les fonds de mezzanine. La raison de la cession n’est donc pas à chercher dans les contraintes que Solvabilité 2 fait peser sur les fonds propres des assureurs. Au contraire: «Axa considère que la réglementation est plus favorable au non-coté qu’aux actions cotées, surtout dans le contexte actuel», souligne une source interne.

«Le processus n’en est qu’à ses prémices. Mais l’actionnaire avait déjà fait connaître en interne sa volonté d’ouvrir le capital d’Axa PE à ses dirigeants», explique cette source. Ces derniers joueront donc probablement un rôle déterminant dans le choix de l’acquéreur et la structure de l’opération.

Seul un nombre limité d’acteurs sont de toute façon en mesure de reprendre un tel mastodonte. Il faut non seulement avoir l’argent, mais partager également le modèle multi-métiers d’Axa PE. Ce qui ne laisse que quelques noms: des géants comme Blackstone, KKR ou Carlyle (qui a acquis en janvier le néerlandais AlpInvest, gérant 32 milliards d’euros d’actifs), ou des fonds souverains.

L’assureur demanderait un peu plus d’un milliard d’euros pour sa filiale. Un montant que les professionnels jugent élevé, voire «stratosphérique». Dans la gestion classique, on estime grossièrement que les sociétés se valorisent entre 1% et 2% des actifs gérés. La gestion alternative autorise des valorisations supérieures, rendements obligent. Le prix supposément demandé par Axa représente un pourcentage de 4,1%.

«Tout dépend de la structure des commissions. La valorisation dépend en partie de la certitude de les percevoir», indique un banquier d’affaires. Dans le capital-investissement, les revenus dépendent des frais de gestion (management fees) et des commissions de performance (carried interest). Les frais varient fortement selon les métiers. Vu la diversité des activités d’Axa PE, ils tourneraient selon nos sources autour de 0,35% pour ses fonds de fonds primaires, mais seraient compris entre 1% et 1,75% pour les fonds d’investissement direct et les fonds de fonds secondaires.

En attendant, Axa PE fait preuve d’une activité intense. En dehors de LBO classiques (Spie, Photonis…) ou d’infrastructures (la distribution de gaz de GDF en Italie), la société de gestion a repris des portefeuilles de fonds de HSH Nordbank, Barclays, Citigroup, Natixis et Bank of America, lui permettant de mettre la main sur environ 5,5 milliards de dollars d’actifs.

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