Les grands LBO risquent de manquer d'ici à la fin de l'année

le 02/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Banques timides, high yield fermé, l'accès au financement des opérations de LBO s'est fortement tari pendant l'été

Les opérations de LBO pourraient avoir du mal à repartir après un mois d’août au point mort, notamment pour les sociétés de grande taille. Les différents mécanismes permettant de se financer (high yield…) se sont taris pendant l’été et les transactions devant arriver à la rentrée risquent de rencontrer des difficultés. D’autant que les banques, qui pour bon nombre d’entre elles ont atteint ou dépassé leur budget annuel de financement et cherchent à écouler la dette sur des marchés peu ouverts, semblent peu enclines à financer de nouveaux projets.

Pour les opérations arrivant à la rentrée, comme MIC ou Oberthur, de nombreux obstacles seront à franchir. «Il faut savoir si le financement a été syndiqué pendant l’été. Mais normalement, les gens essaient de voir les difficultés arriver», indique Stéphane Barret, managing director au Crédit Agricole CIB.

Une éventuelle réouverture du marché du high yield favoriserait les opérations, et la semaine prochaine sera un premier test. «Si le marché américain repart, je pense que le marché européen repartira aussi», estime Stéphane Barret, ajoutant que dans un environnement de taux faibles, le haut rendement reste un marché attractif pour les investisseurs institutionnels.

Dans le cas contraire, le grand gagnant de cette situation pourrait être le financement mezzanine, les sociétés étant prêtes à payer un peu plus cher pour boucler une opération.

«La mezzanine peut en profiter. On l’a bien vu sur Photonis (racheté par Axa PE) qui a une structure senior plus mezzanine», explique un professionnel. Et elle semble déjà en bénéficier puisque dans le cadre du plus gros LBO européen de l’année (voir tableau), Securitas Direct a dû abandonner le high yield et opter pour de la mezzanine. «Ce sont des fonds disponibles. Ils sont plus souples et libres dans leur capacité de décision et je pense qu’on va voir quelques opérations de leur part», prévoit Stéphane Barret. Cette solution devrait toutefois se limiter à des tickets de petites tailles, du fait de son coût élevé.

Si les petits LBO pourraient se boucler grâce à ce type d’options qui viennent «mettre un peu d’huile dans le moteur», les grosses opérations risquent de se faire rares dans les prochaines semaines dans de telles conditions de marché. La cession de Redcats, par exemple, aurait donc peu de chance d’être conclue cette année.

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