Eurazeo souffre de l'absence de cessions d'actifs

le 02/09/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La holding a perdu 106 millions d'euros au premier semestre. Mais les performances des sociétés en portefeuille sont peu affectées par la crise

Les comptes d’Eurazeo ont souffert de l’absence de cessions au cours du premier semestre. La société cotée d’investissement a perdu 106 millions d’euros au 30 juin, contre un bénéfice de 93 millions un an plus tôt. Ce chiffre contraste avec celui de son homologue Wendel, dont les plus-values ont fait bondir le résultat net de 300%. Cela dit, ces décalages ne sont pas exceptionnels pour ces holdings, qui peuvent alterner des cycles d’investissements et de cessions d’actifs. D’autant que les sociétés du portefeuille d’Eurazeo ont vu leurs résultats opérationnels progresser en moyenne de 20,4%, à 236 millions d’euros en cumul.

La perte d’Eurazeo elle-même est due à la variation en juste valeur de dérivés Danone pour 45 millions d’euros, ainsi qu’à des écarts d’acquisitions et aux frais financiers. La tendance devrait s’étendre à l’exercice entier. «Je pense que nous ferons une légère perte annuelle, du même ordre de grandeur ou un peu plus faible», a indiqué son directeur financier Philippe Audouin lors d'une conférence téléphonique. La période actuelle de baisse des marchés n’encourage pas la société à procéder à des cessions.

Pour autant, l’objectif de 2 milliards d’euros de création de valeur d’ici à 2014 est conservé. «Nous allons maintenir une stratégie d’acquisitions diversifiée dans les secteurs offrant des perspectives de croissance dans un environnement incertain. Cette stratégie se reflète dans les investissements réalisés au premier semestre», indique à L’Agefi Philippe Audouin. Il s'agit de la société de gestion OFI Private Equity (rebaptisée Eurazeo PME), qui offre ainsi un accès au marché des PME, moins volatil, de Foncia (acquis auprès de BPCE avec Bridgepoint), qu’Eurazeo considère comme une société de services, et de la marque de luxe Moncler.

Certains analystes ont cependant émis des doutes sur la «crédibilité» de l’actif net réévalué (ANR) d’Eurazeo, arrêté au 29 août à 63,3 euros par action (contre 70,1 euros au 30 juin), ce qui explique sans doute pourquoi le cours a reculé de 5% hier dans la matinée. «Pour cet ANR, Eurazeo a utilisé la moyenne des cours au 29 août pour ses participations cotées, mais a conservé l’ANR au 30 juin pour la partie non-cotée alors que la Bourse a fortement chuté ces deux derniers mois. Un ANR autour de 55 euros serait plus représentatif», estime un analyste. Les dirigeants réfutent cette interprétation, expliquant que l’ANR du 30 juin est bâti sur les bases prospectives et «conservatrices».

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