Le marché immobilier britannique se prépare à un second semestre délicat

le 21/06/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le terrain gagné en début d’année sera en majeure partie cédé, selon Rightmove, sur fond de pénurie de crédits et de hausse des stocks

Le marché immobilier britannique devrait connaître une évolution en dents de scie, selon le site d’annonces spécialisé Rightmove. Les prix de mise en vente d’un bien immobilier résidentiel à travers le pays ont certes progressé de 0,6% ce mois-ci, à une moyenne de 240.394 livres, l’équivalent de près de 273.000 euros. Il s’agit selon le site qui se targue d’accueillir 90% des annonces nationales de la sixième hausse mensuelle consécutive, portant à 1,1% la hausse du marché sur douze mois glissants.

Mais cette ascension est vouée à connaître un terme prochain, et la hausse de 8,1% engrangée depuis le début d’année devrait céder la place à une baisse pouvant aller jusqu’à 7% en seconde partie d’année, une fois passée l’actuelle «hausse saisonnière de la demande» comme le souligne Miles Shipside, directeur commercial de Rightmove. Le site d’annonces avance comme sources de cette inversion de tendance une hausse du niveau de stocks de biens ainsi qu’un durcissement des conditions d’octroi de crédit de la part des banques. D’un côté donc, le nombre de biens disponibles par agent immobilier ne cesse de croître, de 69 à 78 entre janvier et juin au fil d’une progression régulière. Un atout de poids pour la négociation au bénéfice des acheteurs. De l’autre, Miles Shipside avance que le volume de nouveaux prêts «reste coincé à la moitié de son niveau» de 2007. Les récentes nouvelles encourageantes sur le front de l’emploi laissent pourtant espérer le maintien d’un taux peu élevé de ventes forcées du fait de non-respect des conditions d’emprunt.

Le site souligne dès lors que la modeste progression des prix en 2011 constituera tout de même un bilan plus favorable que la stagnation observée l’année dernière. Rightmove avait publié une hausse de 7,4% des prix au premier semestre 2010. Alors qu’il misait en décembre sur un repli de 2 à 5% des prix cette année, le site table désormais sur une hausse limitée à 2%.

Au sein de son panorama national des prix, Rightmove met en lumière des «réalités économiques divergentes» au bénéfice d’une moitié Sud du pays. Les prix à Londres (+1,8% en juin) particulièrement se situeraient désormais à un plus haut historique, la demande étrangère en biens haut de gamme gagnant du terrain jusqu’à la banlieue de la capitale britannique.

A lire aussi