La Caisse des dépôts accroît les marges financières du FSI

le 10/05/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les fonds d'épargne prêteront 1,5 milliard d'euros au Fonds stratégique, qui pourra ainsi tenir son rythme d'investissement jusqu'en 2013

La Caisse des dépôts. Photo: PHB/Agefi

Nicolas Sarkozy l’avait voulu. Christine Lagarde, sa ministre de l’Economie, a officialisé hier la mise à disposition au 1er juillet de 1,5 milliard d’euros prélevés sur les fonds d’épargne de la Caisse des dépôts au bénéfice du Fonds stratégique d’investissement (FSI), et donc, du financement des entreprises. Elle «s’effectuera sous la forme d’un prêt de long terme», qui «sera décaissé sur demande en plusieurs tranches au fur et à mesure des besoins du FSI», précise Bercy.

Le Fonds en bénéficiera pour la période 2011-2013, et à hauteur de 500 millions dès cette année. La commission de surveillance de la Caisse des dépôts devrait approuver formellement lors de sa prochaine réunion, le 18 mai, les conditions de l’accord, sur lesquelles les différentes parties prenantes ne souhaitaient pas hier s’épancher. En toute logique, la maturité des prêts ne devrait pas être inférieure à l’horizon d’investissement du FSI, qui se donne 5 ans minimum, et le taux rester proche de ceux des autres concours du fonds d’épargne.

La section de la Caisse des dépôts qui centralise une partie de l’épargne réglementée des Français (notamment Livret A et LDD) se finance au taux des livrets augmenté d’une commission de collecte versée aux banques qui distribuent ces produits. Le prêt de 1,5 milliard représente un peu moins de 10% de sa production annuelle 2010 en faveur du logement social, et est à rapprocher d’un total de bilan et d’un encours d’épargne centralisée qui atteignaient respectivement 212 et 122 milliards d’euros à la fin de l’année dernière. «Il n’y a rien d’indécent à utiliser les fonds d’épargne pour financer un fonds souverain comme le FSI dans la mesure où l’on ne manque pas de moyens aujourd’hui pour la politique de la ville», note un parlementaire.

Le FSI y gagnera davantage de marges de manœuvres. Doté de 6 milliards d’euros à sa création en 2009, le Fonds a engagé depuis autour de 3,1 milliards d’euros entre investissements directs au capital des entreprises et fonds publics-privés, sans compter 600 millions sur deux ans pour le programme FSI France Investissement (L’Agefi Hebdo du 24 mars). Sachant qu’il devrait distribuer à la CDC et à l’Etat, ses deux actionnaires, la moitié de ses résultats et même 60% du bénéfice 2010 (qui a atteint 646 millions), le FSI risquait d’avoir du mal à tenir dès 2013 son rythme d’investissement de 1,5 à 2 milliards d’euros par an.

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