MBIA espère redémarrer le rehaussement de crédit aux Etats-Unis

le 29/03/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sa filiale européenne a lancé une activité de conseil pour valoriser ses compétences dans l'analyse des financements d'infrastructures

L’assureur-crédit américain MBIA est resté bénéficiaire en 2010, avec 53 millions de dollars, malgré l’impact d’une provision avant taxe de 607 millions de dollars liée à la réévaluation comptable de dérivés qu’il avait garantis. Depuis 2007, le groupe soutenu par Warburg Pincus a effectué 9,1 milliards de dollars de versements -essentiellement sur différentes titrisations de portefeuilles hypothécaires et autres CDO - permettant aux investisseurs de ne pas perdre d’argent. Fin 2008, BlackRock Solutions évaluait le risque total entre 13 et 20 milliards selon les scénarios.

Le groupe, qui dit avoir passé les provisions nécessaires, espère surtout gagner le procès qui l’oppose encore à quelques banques -de moins en moins nombreuses- concernant la séparation en 2009 de son activité en deux structures. D’un côté, MBIA Corp. garantit 189 milliards de dollars de crédits structurés et de crédits «publics» hors des Etats-Unis (avec 5,2 milliards de ressources propres pour le paiement des défauts), dont les crédits européens assurés par MBIA UK (17,6 milliards de livres, avec 0,7 milliard de ressources propres). Sa notation B ne lui permet plus de rehausser de nouveaux crédits. De l’autre, National Public Finance Guarantee Corp. assure les crédits «publics» nord-américains (485 milliards de dollars, avec 5,6 milliards de ressources propres). Celui-ci pourrait voir sa notation BBB s’améliorer avec le regain de visibilité sur les marchés : «Nous avons bon espoir de reprendre une activité de rehaussement sur ce type de dettes ‘publiques’ aux Etats-Unis», confirme Iain Barbour, managing director de MBIA.

En attendant, le groupe a conservé 27 professionnels en Europe et lancé une activité de conseil auprès des institutionnels sur les financements d’infrastructures, pour lesquels très peu d’investisseurs ont des équipes spécialisées. «L’idée est de les épauler dans l’analyse crédit et la gestion de ces financements complexes», explique François-Yves Gaudeul, responsable France et Benelux. Un service utile pendant les différentes phases : de structuration, de négociation, de construction et d’exploitation : «Nous travaillons sur des mandats ‘deal’ par ‘deal’ de conseil et de délégation de gestion (pour des amendements techniques ou mineurs), avec la souplesse que cela offre par rapport à la réunion d'un comité d’obligataires en termes de prise de décision et par rapport à un fonds en termes d’investissement. »

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