La Chine renforce son dispositif de contrôle des investissements étrangers

le 22/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Alors que Huawei trouve porte close aux Etats-Unis, Pékin organise la défense de sa « sécurité nationale » en matière économique

Washington tient sa revanche. Presque deux ans après avoir vu Coca-Cola se faire claquer la porte au nez pour le rachat du chinois Huiyuan Juice, les Etats-Unis ont opposé une fin de non-recevoir à Huawei. La Commission américaine sur l’investissement étranger, une émanation du Congrès, a décidé de se prononcer contre l’acquisition de 3Leaf Systems par le numéro deux mondial des équipements télécoms. Un veto qui a conduit au retrait samedi de l’offre de Huawei. Dans un communiqué, le ministère du Commerce chinois a regretté cette décision et dit espérer que les «parties concernées» aux Etats-Unis «abandonnent les préjugés, évitent les mesures protectionnistes et traitent de manière adéquate les investissements en provenance de Chine et d’autres pays».

Le bras de fer est pour le moins savoureux. Car dans le même temps Pékin a dévoilé de nouvelles règles encadrant les investissements étrangers sur son sol. Dans un communiqué publié le 12 février, le Conseil d’Etat a fait part de la mise sur pied prochaine d’une nouvelle commission chargée d’examiner les investissements étrangers dans des sociétés chinoises jugées sensibles. Ce panel sera le fruit d’une collaboration entre la Commission nationale pour la réforme et le développement (NDRC) et le ministère du Commerce. Le Conseil d’Etat, autrement dit le gouvernement, tranchera en dernier recours. Les secteurs de la défense nationale, des produits agricoles, de l’énergie, des ressources naturelles, des infrastructures, des transports, des équipements industriels ou encore des technologies seront particulièrement surveillés.

Au-delà de cet éventail plutôt large, c’est l’imprécision des critères d’examen qui suscite des inquiétudes. L’évaluation doit être en effet basée sur un concept élargi de «sécurité nationale», intégrant l’impact sur la stabilité économique, l’ordre social ou encore les capacités de recherche et développement de la Chine.

Pékin a donc décidé de se ménager une marge d’interprétation même si ces règles ont le mérite de préciser une politique esquissée dès 2008. Selon les statistiques du ministère du Commerce, l’investissement direct étranger dans le pays a atteint un pic en 2010, totalisant 105,8 milliards de dollars, soit une hausse de 17,4% par rapport à 2009. A l’inverse, les investissements chinois à l’étranger ont progressé de plus de 35% sur la même période pour s’établir à 59 milliards de dollars.

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