Bastille Capital se lance sur le segment des entreprises moyennes en retournement

le 14/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société, qui engage des tickets unitaires moyens de l’ordre de 15 millions d’euros, vise des cibles réalisant entre 20 et 500 millions de revenus

Un nouvel acteur a vu le jour en ce début d’année dans le paysage français du capital investissement. Bastille Capital se positionne sur le segment du retournement des sociétés de moyenne capitalisation, générant entre 20 et 500 millions d'euros de chiffre d’affaires. «Notre ticket d’investissement unitaire peut aller jusqu'à 30 millions d’euros, mais tournera plutôt autour de 15 millions d’euros en moyenne», explique à L’Agefi Olivier Elmalek, l’un des quatre associés fondateurs de la société.

Olivier Elmalek, ancien cofondateur de Vermeer Capital, a créé Bastille Capital avec deux anciens collaborateurs dans le conseil en restructuring chez Deloitte, qui ont par la suite monté leur propre société de retournement: Eric Etcharry, fondateur de Fin’Active, et Philippe de Saint Rapt, cofondateur de GMS avec Jean-Luc Gibier, le quatrième associé de Bastille Capital.

Bastille Capital se concentrera sur le marché français et interviendra tant via des prises de participations minoritaires ou majoritaires. Les investissements seront financés par un institutionnel étranger dont l’identité est gardée secrète. «Nous ne sommes pas dans un schéma classique de FCPR, qui présente à nos yeux plus de contraintes, en termes de temps et de personnes dédiées aux fonctions de back-office, que d’avantages», relève Olivier Elmalek.

Alors que Bastille Capital entend réaliser environ deux dossiers par an, l’enveloppe engagée par l’investisseur sur cinq ans devrait tourner autour de 150 millions d’euros. «Notre pipeline est bien rempli. Nous avons actuellement une grosse dizaine de dossiers à l’étude», souligne l’associé. «Sur une année glissante, on peut identifier entre 150 et 200 cibles potentielles, mais il y a beaucoup de déchets, il faut être sélectif», poursuit-il. «Le marché du retournement a toujours existé, mais l’augmentation du nombre de sociétés en difficultés s’est accéléré dans le sillage de la crise. L’économie n’a pas rebondi autant qu’elle a chuté et beaucoup d’entreprises sont aujourd’hui en survie», indique Olivier Elmalek.

Bastille Capital, qui dispose d’une équipe de cinq personnes (quatre associés et une collaboratrice), devrait compter huit professionnels à horizon un an, «en fonction de la montée en puissance de l’activité».

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