Le tandem Permira-Axa PE et Carlyle se disputent Opodo

le 01/02/2011 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Amadeus doit statuer cette semaine entre les deux offres de reprise concurrentes. L’opération valoriserait la société autour de 400-450 millions d’euros

Le site internet d'Opodo. Photo: PHB/Agefi

Le voile sur l’identité du repreneur d’Opodo, détenu par la société de voyages espagnole Amadeus, devrait être levé dès cette semaine. Selon plusieurs sources proches du dossier, deux offres concurrentes ont été déposées la semaine passée: celle du consortium composé de Permira et d’Axa Private Equity (PE) d’un côté, et celle du fonds Carlyle de l’autre. Alors qu’Amadeus doit trancher dans les tout prochains jours entre ces deux offres, l’opération valoriserait l’agence britannique de voyage en ligne «autour de 400-450 millions d’euros».

La reprise d’Opodo s’appuie sur une logique de build-up pour le tandem Permira-Axa Private Equity, les deux fonds détenant respectivement eDreams et Go Voyages. Les investisseurs deviendraient ainsi tous deux actionnaires d’un ensemble réunissant ces trois actifs et étant valorisé plus d’un milliard d’euros dette comprise. «Le nouveau groupe générerait un peu plus de 100 millions d’euros d’Ebitda», relève un financier.

Selon une des sources proches du dossier, le financement de cette nouvelle entité fusionnée, mis en place par la Société Générale (qui avait participé aux LBO sur eDreams et Go Voyages), Credit Suisse et Goldman Sachs, intégrerait 655 millions d’euros de dette, dont 340 millions de dette senior, 175 millions d’euros d’obligations et une ligne de 140 millions d’euros de crédit revolving. Ces informations confirment celles dévoilées le 19 janvier par l’agence Debtwire.

Cette offre, qui pourrait aboutir à la création d’un poids lourds du secteur, pourrait toutefois se heurter à des problèmes de concurrence. Un avantage pour Carlyle, qui détient depuis 2006 Orizonia dans le secteur du voyage en Espagne, pays où Opodo n’est pas présent.

«Carlyle n’envisage pas de fusionner son activité espagnole avec Opodo», croit savoir une des sources. Orizonia et Amadeus ont par ailleurs déjà été en contact par le passé, le premier ayant racheté au second sa participation dans l’agence espagnole Rumbo en 2008. Selon certaines sources, Carlyle, qui n’a pas souhaité faire de commentaires, ne disposerait pas encore d’un financement ferme.

Le processus de vente d’Opodo a été initié en septembre dernier. Amadeus avait alors mandaté JPMorgan en vue d’étudier les différentes options stratégiques sur Opodo.

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