L’Afic cherche à promouvoir les critères ESG au sein de la profession

le 22/12/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Au-delà des aspects sociaux et environnementaux, cette démarche permet également d’optimiser la gestion des risques et de réduire les coûts

Créé fin 2009, le club développement durable de l’Afic (Association française des investisseurs en capital) entend promouvoir l’intégration des critères ESG (Environnement, social, gouvernance) auprès de ses membres et de leurs participations. Dans le cadre d’un premier ouvrage réalisé en collaboration avec PricewaterhouseCoopers et intitulé «développement durable et capital investissement», le club vise à guider la profession vers une démarche socialement responsable en apportant des pistes de réflexions et en présentant des retours d’expérience de fonds sur le sujet.

Si les fonds se disent globalement sensibilisés aux critères ESG, un important travail reste à faire en vue d’intégrer cette démarche dans une gestion au quotidien. «La pratique démarre et le mécanisme est enclenché», indique à L’Agefi Olivier Millet, président du directoire d’Ofi Private Equity, à l’initiative du club développement durable de l’Afic. Cinq autres fonds ont collaboré à l’ouvrage, à savoir Activa Capital, Axa Private Equity, Céréa Gestion, Natixis Capital Investissement et Pragma Capital.

Outre les critères purement sociaux et environnementaux, ce guide met en lumière d’autres facteurs tels qu’une réglementation de plus en plus rigoureuse, visant à renforcer le reporting sociétal des entreprises, ainsi que des investisseurs institutionnels de plus en plus exigeants sur ces questions. En sélectionnant les fonds dans lesquels elle investit, la Caisse des dépôts considère ainsi depuis 2008 comme «discriminant» le non-respect des critères ESG, qu’elle évalue dans le cadre d’un questionnaire spécifique envoyé aux sociétés de gestion.

«Les critères ESG constituent par ailleurs un levier d’amélioration et de pérennisation des performances. Ils se traduisent par une meilleure gestion des risques, des gains de nouveaux marchés ou encore des réductions de coûts», relève Olivier Millet.

Parmi les exemples repris dans l’ouvrage, figure celui de Demeco. En entreprenant une démarche environnementale, le groupe de déménagement, repris par Pragma Capital en 2007, a pu bénéficier d’un positionnement distinctif dans le secteur et ainsi gagner des appels d’offres. Le fonds américain KKR, en réduisant les déchets, émissions de papier ou de CO2 de huit de ses sociétés en portefeuille, a de même pu réaliser l’an passé 160 milliards de dollars d’économie.

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