La banque centrale indienne sanctionne deux banques françaises

le 08/11/2010 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Société Générale et Crédit Agricole CIB ont interdiction pour six mois de traiter pour compte propre sur les emprunts d’Etat

La Reserve Bank of India (RBI) a décidé de sanctionner trois banques étrangères, les françaises Société Générale et Crédit Agricole CIB, et la britannique Standard Chartered. Pendant une période de six mois, ces établissements n’auront pas le droit de procéder à des transactions pour compte propre sur les emprunts de l’Etat indien. Annoncée vendredi dans la presse indienne, cette sanction a été confirmée par une porte-parole de la banque centrale.

Celle-ci reproche aux trois établissements en question d’avoir procédé à des achats et ventes circulaires de titres d’Etat, et d’avoir ainsi créé un marché et des prix artificiels. L’interdiction prononcée contre eux ne les empêche pas toutefois de continuer à procéder à d’autres types d’opérations sur le marché des emprunts de l’Etat indien (marché primaire, etc.). Les banques concernées se sont toutes refusées à commenter l’information.

Très techniques, les opérations visées peuvent manifestement faire l’objet d’interprétations divergentes. Dans les milieux financiers de Bombay, on voit les choses de façon différente de la banque centrale. «Ce qui est en cause, explique un professionnel étranger, c’est une pratique de marché où des banques échangent entre elles des titres d’Etat très peu liquides. Les banques sont en effet obligées de conserver des titres liquides dans leurs livres pour faire face à tout imprévu. En faisant des allers-retours au prix de revient, elles réaniment des titres et les rendent à peu près liquides. La RBI en tire la conclusion qu’elles ont créé des prix artificiels et donc manipulé le marché, mais c’est un procès d’intention, ce n’est pas du tout cela».

Selon les milieux financiers de la capitale financière indienne, la pratique serait en fait largement répandue et dépasserait de loin les trois banques publiquement désignées. «Comme par hasard, ils ont choisi de s’en prendre à trois banques étrangères, relève un spécialiste, alors qu’il semble bien que des banques indiennes, y compris des banques du secteur public, participent à ces échanges !». 

La communauté des banques internationales en Inde ne veut cependant pas s’affoler, relevant que les banques visées peuvent faire appel et ne sont pas soumises à des sanctions financières. L’impact en termes de réputation ne peut cependant être que négatif.

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