Trois opérations emblématiques

le 14/01/2010 L'AGEFI Hebdo

Monier, une première

Les conversions de dette en capital minoritaire existaient, mais c’est le premier cas majeur où les créanciers ont pris le contrôle, sortant le fonds PAI (actionnaire depuis 2007 à hauteur de 65 % aux côtés de Lafarge), qui proposait d’injecter 135 millions d’euros pour garder la majorité du fabricant de matériaux de toitures. Les créanciers ont réduit la dette globale de 2,1 à 1,1 milliard d’euros (dont 0,7 de dette senior plus 0,3 avec intérêts capitalisés - PIK) et apporté 200 millions d’euros de financements supplémentaires (dont 150 « super-seniors »). La plupart des banques (dont BNP Paribas et Société Générale) ont suivi le trio de fonds Apollo, TowerBrook et York Capital (aussi entrés par la dette décotée), qui devient majoritaire.

CPI, un cas exemplaire

Dans ce dossier, les créanciers de l’imprimeur de livres monochromes détenu depuis 2005 par CVC et Cognetas ont - assez tôt convaincus par le nouveau plan d’affaires - accepté de réduire la dette (senior + second lien + mezzanine) de 420 à 123 millions d’euros contre une conversion et une souscription d’ORA (obligations remboursables en actions). Il restait à déterminer qui mettrait les 30 millions nécessaires à la relance de l’entreprise (en plus de lignes de financement revolving)… Les fonds n’ayant pas souhaité repartir, notamment pour de si petits montants, 15 banques emmenées par RBS (avec Fortis, CIBC et HVB) ont repris la société en apportant l’argent frais en dette « super-senior », avec une clause dite « d’élévation » permettant aux plus impliquées de préserver proportionnellement leur part dans la réduction de dette précitée... Avec désormais une vision d’actionnaires.

Terreal, un duel longue durée

Les banques auraient dû pouvoir contraindre LBO France, actionnaire du fabricant de tuiles, à réinvestir. Mais le fonds, qui avait déjà récupéré sa mise lors d’un refinancement mi-2007, a « joué la montre » pendant quatorze mois. Alors que l’accord s’orientait vers une conversion en dette à intérêts PIK et un réinvestissement du fonds, le groupe a obtenu une réduction de sa dette de 902 à 500 millions d’euros, le solde étant transformé en ORA avec intérêts PIK et actions de préférence au profit des banques qui récupéreront potentiellement jusqu’à 49 % de la valeur après remboursement : le produit d’une cession de Terreal ira en priorité aux porteurs de dette senior et d’ORA, même si le fonds garde le contrôle juridique sur l’entreprise et sur les conditions de la cession.

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