Société Générale se réorganise sur le marché primaire de la dette

le 14/10/2010 L'AGEFI Hebdo

La banque vise le podium des émissions obligataires en Europe en redéployant ses équipes de Paris et Londres.

L’été a été studieux pour les équipes de marché de capitaux de Société Générale Corporate and Investment Banking (SG CIB). Si son offensive pour entrer dans le Top 10 européen des fusions-acquisitions est plus visible, la banque a aussi fait évoluer son pôle d’origination, bras armé des banquiers d’affaires. « Dans un environnement changeant et volatil, tant du côté de nos clients que de nos concurrents, notre organisation ne pouvait rester figée, explique Jean-Marc Giraud, responsable mondial des marché de capitaux. Nous ne l’avons pas révolutionnée, mais nous avons adapté et complété notre dispositif pour anticiper les besoins du marché. »

Statut de SVT en Grande-Bretagne

A la douzième place depuis le début de l’année dans le primaire actions (introductions en Bourse et augmentations de capital) selon Thomson Reuters, SG CIB vise le Top 5 européen d’ici à 2012, grâce notamment à son hub de Londres (lire l’encadré). Dans les émissions de dette, un secteur plus dynamique, il veut grimper sur la troisième marche du podium. Cinquième émetteur d’obligations en euros, il est neuvième sur l’ensemble des opérations européennes depuis janvier.

« Sur la dette, nous nous renforçons sur quatre axes : les émissions en livres sterling, les grandes entreprises, lehigh yield’ (obligations à haut rendement d’entreprises endettées, NDLR) et les produits de flux pour les institutions financières », détaille Jean-Marc Giraud. Le 1er septembre, SG CIB a déjà obtenu au Royaume-Uni le statut de spécialiste en valeurs du Trésor (SVT), une vitrine pour les émissions en livres.

A la même date, il a promu un binôme de responsables mondiaux de l’origination de dette corporate pour faire davantage fructifier son fonds de commerce d’entreprises. Félix Orsini, basé à Paris, étend son champ d’action à l’Espagne, l’Allemagne, l’Europe centrale et orientale, le Moyen-Orient et l’Afrique. Brendon Moran couvre désormais depuis Londres toute l’Europe du Nord, l’Italie, ainsi que les Etats-Unis et l’Asie. Dans ces deux dernières régions, la banque est encore peu active compte tenu de la faiblesse de sa franchise en dollars, même si elle vient de participer à l’émission obligataire de 3,5 milliards de dollars du britannique BP. Elle espère être nommée prochainement SVT aux Etats-Unis. A l’autre bout du spectre, SG CIB vient aussi de rapatrier son équipe de dette au service des entreprises moyennes françaises dans Société Générale Mid Caps, sa structure conjointe avec la banque de détail qui chapeaute les relations entre les clients de taille moyenne, comme Club Med.

Une équipe « high yield »

Au-delà de l’amélioration du suivi de la clientèle, SG CIB veut diversifier son offre de services sur son terrain de jeu européen. Dans les émissions high yield, où il se classe quinzième, « nous visons le Top 5 européen, comme sur nos autres produits, précise Jean-Marc Giraud. Nous avons créé en septembre une équipe dédiée avec des effectifs deux fois plus importants que par le passé pour répondre aux besoins de financement des entreprises. » Leur accès au crédit bancaire pourrait être de fait réduit une fois les banques soumises aux règles prudentielles Bâle III. SG CIB ne précise toutefois pas la taille de cette équipe à cheval entre Paris et Londres, dans laquelle il a réaffecté des managers maison.

Anticipant également d’importants besoins de refinancement des banques européennes, SG CIB a implanté cet été à Londres une équipe spécialisée dans les produits de flux (obligations sécurisées, émissions seniors). Il y avait recruté au printemps son nouveau responsable de la dette des institutions financières, Sébastien Domanico, ex-HSBC. Jean-Marc Giraud assure néanmoins que la capitale britannique n’a pas l’apanage des émissions de dette des banques et compagnies d’assurances, qu’elle partage avec Paris.

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