L'avis de... Ron Geffner, avocat associé au cabinet Sadis & Goldberg

« Une reconfiguration du paysage difficile à anticiper »

le 30/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi les banques de Wall Street enclenchent-elles aussi vite la fermeture de leurs activités de « trading » propriétaire ?

Selon la loi de régulation financière, la règle Volcker ne sera effective que dans quatre ans, avec probablement un report supplémentaire de trois ans minimum, afin de laisser le temps aux juristes de préciser les conditions d’application de la règle et aux institutions de s’y adapter. Mais pour les banques, il est urgent de rassurer leurs actionnaires avec des actifs estimés à leur juste valeur et d’éliminer les facteurs de risque sur des activités condamnées à terme.

Est-il facile de définir une activité de « trading » propriétaire ?

Non, les contours de ce type d’activité ne sont pas très clairs. Dans l’esprit du législateur, il s’agit surtout d’empêcher les banques d’adopter des stratégies trop spéculatives avec leurs fonds propres. Mais ces stratégies risquées peuvent être tout autant appliquées aux activités classiques de market making ou de couverture pour comptes de clients.

Ces restrictions vont-elles profiter aux « hedge funds » indépendants ?

De mon point de vue, c’est le cas. L’industrie des hedge funds va certainement profiter du transfert des traders de l’activité pour compte propre issus des banques, souvent considérés comme l’élite du métier, mais aussi probablement d’une partie des actifs que ces mêmes traders géraient. Reste qu’avec les restrictions que la règle Volcker impose aussi aux participations des banques dans ces mêmes hedge funds (moins de 3 % de participation au capital), tout cela va participer à une reconfiguration du paysage difficile à anticiper aujourd’hui.

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