L’avis de… Vincent Gombault, responsable des activités fonds de fonds d’Axa Private Equity

« Nous n’achetons pas des ‘décotes’, mais des actifs de qualité »

le 20/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Vous reprenez 60 parts de fonds détenues par Bank of America (BoA) : comment avez-vous emporté ce « deal » surprise et record de 1,9 milliard de dollars sans enchères ?

Cela faisait plus de dix-huit mois que nous nous intéressions au portefeuille de BoA et que nous suivions les performances des actifs grâce à notre base de données et à nos équipes (90 personnes en analyse et mid/back-office), qui sondent chaque trimestre les 165 gérants soutenus par nos fonds de fonds (primaires ou secondaires). Nous avons ainsi pu racheter ces participations dans 60 fonds de LBO (leveraged buy-out), investis à 90 % dans des entreprises américaines de grande ou moyenne taille, en garantissant à BoA une totale confidentialité malgré nos due diligence approfondies. Le portefeuille est déjà investi à 60 % et le sera à 65 % une fois terminés les transferts nécessaires à ce genre d’opérations. Axa PE accède ainsi à des actifs de qualité dont on pense que, grâce aux restructurations déjà engagées et à la vitalité des marchés de dette aux Etats-Unis, plus de 80 % n’éprouveront aucune difficulté à passer le fameux « mur de dette » de 2012-2013...

Vous avez parlé d’une décote de moins de 10 % par rapport à la valeur d’actifs nets (NAV) trimestrielle de septembre. Est-ce le signe d’un retour du marché ?

Cela va évidemment mieux, même si les prix moyens ne reflètent pas la même visibilité pour tous les actifs du marché. Les quelques distress sellers ont réglé leurs problèmes de liquidité l’an dernier. Il reste aujourd’hui des cédants sensibles à une restructuration de leur portefeuille. Ou aux régulations à venir pour les banques et les compagnies d’assurances qui doivent encore « passer à l’acte ». Les décotes auraient effectivement baissé, mais n’ont de toute manière pas toujours de sens car cela dépend de quelle NAV on parle : en termes de date, d’évaluation par le gérant ou par l’investisseur, qui peut ou non appliquer une décote de liquidité supplémentaire, etc. Pour un acheteur, si l’actif est de mauvaise qualité, la décote sera toujours insuffisante ! Sur le segment « early secondary » (sur des fonds engagés à moins de 40 %) pour lequel nous disposons d’un fonds de un milliard d’euros, on a vu des opportunités à 10 % de la valeur d’actif... mais qui ne trouvent pas preneur si les équipes ne sont pas à la hauteur. La sélectivité s’impose plus que jamais. Et l’accès à cette information sera encore l’argument fort de nos prochains fonds spécialisés.

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