LBO Axa PE, CDC Equity Capital et Providence bien placés pour l’avenir

le 13/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Deux français sur le podium

En novembre, Oliver Gottschalg, professeur à HEC, publiait, déjà dans le cadre d’un partenariat HEC-Dow Jones et à partir d’un indicateur spécifique (Private Equity Performance Ranking), un classement des firmes de capital-investissement les plus performantes sur leurs fonds levés sur la période 1996-2005 (L’Agefi Hebdo du 17 décembre 2009). Leonard Green & Partners devançait alors Nordic Capital et le français Astorg Partners. L’universitaire vient de publier un deuxième classement mondial, cette fois-ci des firmes théoriquement les mieux placées pour surperformer ce marché des investisseurs en capital dans les dix prochaines années, au vu de leurs décisions passées analysées sur le long terme. Deux français prennent les deux premières places avec Axa Private Equity et CDC Entreprises Equity Capital (devenu Qualium Investissement), devant l’américain Providence. Presque tous les grands noms du métier figurent dans les 25 premiers classés, avec quelques petites surprises comme le spécialiste des médias GMT Communications Partners ou Parcom Capital, équipe qui investit en midcaps sur les fonds propres d’ING.

Période 1983-2008

Pour cet indicateur Private Equity Fitness Ranking, Oliver Gottschalg a étudié, à partir des bases Thomson Reuters VentureXpert, quelque 23.000 investissements réalisés entre 1983 et 2008 sur 11.000 sociétés en Europe et en Amérique par 260 gestionnaires (représentant plus de 1.200 fonds et 500 milliards de dollars investis). Il a aussi élaboré une méthode prenant en compte dix critères (voir le tableau ci-dessous) qui « capturent » le mieux le dynamisme d’une société d’investissement dans la durée : ces critères ont été sélectionnés parmi trente facteurs étudiés sur la période 1996-2003 à partir de leur impact (positif ou négatif) sur la performance dans les cinq années qui ont suivi pour 217 sociétés de gestion classées de manière anonyme par HEC Buyout Database.

260 gérants étudiés

L’universitaire a ensuite appliqué, pour les 260 firmes, ces dix critères traduits en un « score » statistique pondéré de leur poids relatif dans les performances de l’échantillon de référence (HEC Buyout Database) et représentant l’écart type des possibles performances futures par rapport à la performance moyenne comparable de cet échantillon de référence : au final, le score de 0 représente la performance moyenne anticipée des 260 firmes étudiées, le score de 1 correspond à 1 écart type par rapport à l’échantillon de référence au-dessus de cette moyenne, le score de 2 à 2 écarts types, etc. Axa Private Equity devrait donc, si la série statistique se vérifie, réaliser une performance correspondant à 3,1 écarts types. En d’autres termes, les 25 gérants ici classés réaliseraient un rendement annuel au minimum 1,7 fois supérieur au rendement moyen des 260 étudiés.

Ce classement présente cependant trois limites, reconnaît Oliver Gottschalg : « Tout d’abord, les performances du ‘private equity’ restent déclaratives, même si les données de l’échantillon de référence sont probablement les plus fiables actuellement. D’autre part, notre méthodologie ne prend pas en compte certains facteurs comme la rotation des équipes, et le résultat obtenu n’est pas à l’abri d’un éventuel changement des pondérations consécutif à la période mouvementée que l’on vient de vivre. »

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