La « juste valeur », un enjeu pour la profession

le 20/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Le capital-investissement a, par nature, avec des fonds fermés pour dix ans, une approche qui nécessite cette relation de confiance avec des investisseurs avertis (« limited partners » ou LPs). Et si la profession a beaucoup critiqué la valorisation « mark-to-market », elle semble également s’en être servie... En effet, on a coutume de dire que les valorisations du private equity ont un décalage de six mois avec les marchés boursiers : celles sur le marché secondaire auraient donc dû toucher leur plus bas en septembre, au lieu de quoi, c’est le moment où les vendeurs se sont rouverts aux transactions ! Les gérants ont appliqué des valorisations mixant une méthode par les cash-flows futurs (DCF, « discounted cash-flows ») basée sur des scénarios optimistes et une méthode de comparables confortée par une Bourse déjà remontée, note un observateur. « Les nouveaux principes de l’IPEV (International Private Equity Valuation, NDLR) reconnaissent la possibilité d’une certaine subjectivité dans l’évaluation et la nécessaire prise en compte des circonstances, ce qui exclut des approches d’évaluation mécaniques », explique aussi Jean-Florent Rérolle, managing director chez Houlihan Lokey. On peut craindre cependant que cette subjectivité ouvre parfois la porte aux « interprétations » en temps de crise, au détriment des LPs dont une évaluation indépendante des actifs pourrait renforcer la confiance... si la profession n’était pas sur le point de la faire retirer du projet de directive européenne sur la gestion alternative (AIFM) !

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