Est-ce bien raisonnable ?

le 18/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Quand un navire est en perdition, l’attitude la plus lucrative n’est pas, comme on pourrait le penser, de le quitter mais tout au contraire d’y monter. C’est ainsi que pour éviter de tomber définitivement en deuxième division, UBS, la grande banque suisse en quasi-déroute l’an dernier, a accordé des conditions de rémunérations plus qu’agréables à ceux qui ont accepté de ramer à sa tête pour remonter le courant. Ces nouveaux dirigeants ont perçu, pour l’année 2009, quelque 100 millions de francs suisses, soit plus de 90 millions de dollars en salaires et bonus, sous diverses formes, cash, actions ou options. C’est dix fois plus qu’en 2008, pour une année 2009 qui, rappelons-le, s’est soldée par une perte nette de 2,7 milliards de francs ! Inutile de dire que ces chiffres ont le don d’exaspérer les contribuables suisses, actionnaires ou non, et d’agacer furieusement nombre de concurrents qui se demandent si, dans ce monde étranger, leur vertu est finalement bien raisonnable.

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