L’avis de… Axel Pierron, senior vice-président chez Celent

« Ces courtiers doivent repenser la valeur ajoutée qu’ils apportent à leurs clients »

le 08/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Quel regard portez-vous sur le positionnement des courtiers interbancaires ?

La segmentation entre Bourses, courtiers interbancaires et banques de financement et d’investissement est en train de disparaître, ces dernières lançant leur propre système de négociation (crossing network). De même, la segmentation avec les plates-formes dealer-to-client (courtiers mettant en relation les investisseurs entre eux, comme Tradeweb, NDLR) a aujourd’hui moins de sens. Si, traditionnellement, la taille moyenne des transactions était plus petite sur ces plates-formes, sur certaines classes d’actifs désormais, la liquidité disponible est très proche de celle que l’on pourrait trouver chez les courtiers interbancaires pour lesquels il devient donc essentiel de repenser la valeur ajoutée qu’ils apportent à leurs clients.

Leur modèle est-il encore viable ?

Oui, car les courtiers apportent une réelle valeur ajoutée aux grandes institutions qui doivent gérer et équilibrer leur portefeuille de titres et donc débloquer de très importantes positions en limitant l’impact sur le marché. Si un broker peut trouver deux ou trois contreparties capables de traiter des volumes similaires, la transaction peut s’effectuer sans affoler le marché, c’est indolore pour tout le monde.

Comment peuvent-ils se diversifier ?

Les choses évoluent sur la partie post-marché, liée au développement des marchés de gré à gré (OTC), où il existe des opportunités même si les chambres de compensation se sont positionnées. Toutefois, la demande du régulateur d’avoir plus de transparence pose des problèmes. Certains acteurs pourraient également devenir des Bourses, même si ce n’est visiblement pas la direction dans laquelle ils souhaitent aller à l’heure actuelle. Mais ils se poseront des questions si le développement des dealer-to-client s’accélère.

A lire aussi