L'avis de... Pascal Decque, analyste chez Natixis Securities

« Chez BNP Paribas, peu de visibilité sur l’impact de l’intégration de Fortis »

le 25/02/2010 L'AGEFI Hebdo

2009 marque-t-elle un tournant en banque de financement et d’investissement (BFI) pour BNP Paribas et Société Générale ?

Oui, car depuis le début de la crise, deux modèles avaient émergé : d’un côté, celui de Crédit Agricole SA et de Natixis, qui ont admis ne pas être des acteurs de premier plan, qui se sont recentrés sur des activités plus simples et qui ont cantonné leurs actifs illiquides ; de l’autre, celui de Société Générale et BNP Paribas, des acteurs plus gros et plus techniques. Désormais, l’écart entre ces deux banques apparaît au grand jour. BNP Paribas n’a plus passé de lourdes provisions dans sa BFI depuis la fin du premier trimestre 2009 et a su se montrer agressive, par exemple en rachetant les activités de prime brokerage de Bank of America. Société Générale, déjà sur la défensive depuis l’affaire Kerviel, a définitivement perdu de sa superbe en postant deux alertes sur résultat en quatre trimestres et en finissant par centraliser la gestion de ses actifs illiquides.

Quelles sont les perspectives de produit net bancaire (PNB) pour les deux BFI en 2010 ?

BNP Paribas avait indiqué lors de la présentation des résultats du troisième trimestre que ses revenus d’alors en fixed income (taux, change et matières premières, NDLR), soit 1,5 milliard d’euros, constituaient un bon rythme de croisière. Cela représenterait donc 6 milliards d’euros de revenus sur l’année, un niveau atteignable puisque nous tablons sur 5,7 milliards en 2010. L’activité de financement devrait continuer à dégager au moins 600 millions de PNB trimestriel, tandis que les revenus des marchés actions se sont stabilisées autour de 500 millions par trimestre. En revanche, on a encore peu de visibilité sur l’impact de l’intégration de Fortis Merchant Banking. Chez Société Générale, l’objectif d’atteindre 2 milliards de revenus trimestriels, soit 8 milliards par an, semble réaliste après une bosse à près de 10 milliards en 2009 dans les activités pérennes.

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