Entretien avec… Dorian Kelberg, délégué général de la Fédération des sociétés immobilières et foncières (FSIF)

« Les centres commerciaux ont moins souffert que les autres actifs »

le 30/09/2010 L'AGEFI Hebdo

Les foncières cotées, pourtant très présentes en 2007, avec 40 % des investissements réalisés cette année-là, ont quasiment disparu du marché avec 1,6 milliard seulement en acquisition. Comment expliquez cette désaffection ?

Depuis deux ans en effet, les foncières sont moins actives, les investisseurs redoutant les marchés financiers quels qu’ils soient. Moins de partenaires acceptent de mettre de l’argent dans des véhicules cotés, d’où la difficulté pour ces acteurs de financer leurs projets. Néanmoins, en termes d’émission de titres et donc de collecte de fonds propres, les Siic (sociétés d’investissement immobilier cotées, NDLR) affichent entre 2008 et 2009 une hausse de 37 %, soit 2.097 millions d’euros levés (émissions d’actions d’apport comprises), ce qui nous ramène au niveau atteint en 2005. Il faut aussi préciser que l’on trouve peu d’opérations de qualité en ce moment.

Néanmoins, les Siic sont toujours positionnées sur le segment des centres commerciaux...

A fin 2009, le patrimoine immobilier des Siic, hors Siic paneuropéennes, était composé à 42 % de commerces et de centres commerciaux, contre 27 % en bureaux. Malgré la baisse de fréquentation des centres commerciaux, le niveau de consommation des Français s’est maintenu. Cet actif a ainsi moins souffert que les autres segments immobiliers. D’où l’intérêt maintenu des foncières. Par ailleurs, les Siic spécialisées sont à la recherche de nouvelles idées de développement et d’animation des centres commerciaux. En ce sens, Icade a ouvert le plus grand centre commercial français, Odysseum, à Montpellier ; Unibail a finalisé en juillet l’acquisition de Simon Ivanhoé, une société immobilière qui détient des participations dans sept centres commerciaux en France et en Pologne ; Klépierre compte douze projets de création ou d’extension de centres commerciaux d’ici à 2012, dont la galerie commerciale de la gare Saint-Lazare et le centre Emporia en Suède…

Comment appréhendez-vous ces prochaines années ?

Il est clair que le rebond tant espéré n’a pas eu lieu. Nous avons sans doute encore deux à trois années d’incertitude, notamment en Europe continentale où les perspectives économiques sont plus moroses que sur les autres continents. Nous guettons particulièrement d’ici là le problème du refinancement de dettes contractées il y a trois ou quatre ans et qui pourrait modifier l’environnement et la configuration du marché.

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