DOSSIER Fusions-acquisitions

Un bon départ pour les conseils en « restructurations financières »

le 07/01/2010 L'AGEFI Hebdo

Rothschild & Cie domine aussi ce premier classement des conseils en « restructuring » construit sur les montants de dette à renégocier.

Nouveauté cette année, nous avons remplacé le classement des conseils aux fonds de LBO (leveraged buy-out) par un classement des conseils en « restructuration financière », « sachant que ceux qui ont conseillé les financements structurés sont souvent les mêmes qui proposent de les démonter », ironise le dirigeant d’une PME. Il est un fait que les Rothschild & Cie, Lazard ou Close Brothers, qui vient d’ailleurs de recruter une nouvelle associée spécialisée avec Nadine Veldung (ex-directrice de WestLB en France), ont basculé leurs équipes de conseil en financement vers ce nouveau métier en vantant une certaine « indépendance » à l’égard de la dette.

En conséquence, Rothschild & Cie arrive en tête de ce classement « restructuring » avec 22 opérations et plus de 15 milliards d’euros de dettes renégociées - essentiellement pour le compte des sociétés -, parmi lesquelles on peut citer Akerys, Autodistribution, Sia, Trèves, Kaufman & Broad ou Mecachrome International. Derrière, on trouve naturellement l’équipe de Lazard, qui a beaucoup communiqué sur ce métier en 2009, et conseillé treize opérations comme Manitou, Monier, CPI, Cegedim, SGD, Thomson (pour les créanciers obligataires) ou Terreal. « Cela se poursuivra sans doute en 2010, car encore beaucoup de sociétés sous LBO vont voir se rapprocher le remboursement de leurs emprunts arrivant à échéance autour de 2013-2014 », anticipe Erik Maris, directeur général de la banque du 121 boulevard Haussmann, également spécialiste du conseil en restructuration de dette pour les gouvernements. Suivent Goldman Sachs (avec quatre opérations, dont Thomson et Monier), Houlihan Lokey (cinq opérations) et Close Brothers (trois opérations en France). Puis d’autres boutiques comme Aforge, Bucéphale, PricewaterhouseCoopers CF ou Banca Leonardo, mandatées par les dirigeants d’entreprise sur des opérations M&A qui nécessitaient au préalable de restructurer le bilan.

Nouveaux comportements

« Ce métier a vraiment évolué au cours de l’année, notamment du fait des banques prêteuses qui ont d’abord refusé de devenir actionnaires, puis ont accepté au bout de quelques mois d’apporter elles-mêmes de l’argent frais (souvent avec d’autres prêteurs) afin d’éviter que la restructuration ne profite qu’à l’actionnaire historique », observe Thomas Gaucher, directeur associé chez Close Brothers. Aussi bien pour des raisons d’image - il fallait sauver un maximum d’entreprises - qu’économiques.

Globalement moins rémunérateur que du M&A, ce conseil peut quand même approcher les 0,5 % à 1 % du montant renégocié sur certaines opérations. « Mais il nécessite aussi des équipes conséquentes et spécialisées », souligne Arnaud Joubert, managing director chez Rothschild. Au point que peu de banques de financement, qui doivent a priori exclure les opérations sur lesquelles elles sont prêteurs, se sont essayées à cette activité... A part Goldman Sachs, et depuis début 2009 SG CIB, dont l’équipe reste cependant réduite.

« Nous avons en revanche assez souvent des missions de conseil sur le bilan des grands 'corporates', afin de restructurer leur profil d'endettement bien en amont pour éviter justement qu'ils n'approchent de situations qui nécessiteraient des refinancements de leur dette », explique Eric Coutts, directeur France de Citigroup. Cet ancien spécialiste de chez Goldman Sachs a par exemple participé en 2009 au programme de désendettement de Lafarge, avec augmentation de capital, émissions obligataires et cessions d’actifs. D’autres ont aussi conseillé de grands groupes cotés qui ont maquillé en refinancements des renégociations de dette que nous n’avons pu comptabiliser pour des raisons de confidentialité. Une tendance qui devrait s’estomper en 2010, au contraire des restructurations plus classiques...

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