BNP Paribas ne joue plus dans la même cour

le 06/05/2010 L'AGEFI Hebdo

Discrète sur ses ambitions, BNP Paribas figure clairement parmi les premières banques de financement et d’investissement (BFI) européennes et mondiales et « a distancé Société Générale de manière sensible », juge Pierre Chedeville, analyste chez CM-CIC. Cela devrait la « conduire à un potentiel de croissance des revenus plus élevé ainsi qu’à des économies d’échelle plus importantes », dit-il, mais sa rentabilité future reste difficile à évaluer. CM-CIC s’attend à un rendement des capitaux propres (return on equity, RoE) « de l’ordre de 25 % », alors que Morgan Stanley et Oliver Wyman tablent sur un RoE moyen de 15 % pour le secteur en 2012, soit un retour au niveau des années 90. Société Générale vise de son côté un RoE de 17 % à 20 % à moyen terme pour sa BFI, pilier du groupe au côté de la banque de détail en France et à l’international, mais elle doit « entamer une ‘révolution culturelle’ qui consiste à passer d’une culture de produit à une culture du client et tenter de ne pas se laisser distancer sur le plan international, où son positionnement reste insuffisant (Asie, Etats-Unis) », estime Pierre Chedeville. Sa franchise de trading actions pourrait aussi être menacée par les exigences en capitaux de Bâle III, alors que les fonds propres durs du groupe sont inférieurs de 80 % à ceux de BNP Paribas à fin 2009. Un repli sur des activités moins risquées ferait de Société Générale un acteur de second rang comme les BFI de Crédit Agricole SA et de Natixis, filiale de BPCE. La première espère un RoE de seulement 14 % à 16 % en fin d’année ; la seconde, d’au moins 12 % en 2012.

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