BarCap France veut faire sa place dans les fusions-acquisitions

le 11/02/2010 L'AGEFI Hebdo

Déjà bien établie en France sur le marché obligataire et le financement de grands groupes, la banque d’investissement élargit sa palette de services au conseil.

C’est un retour aux sources pour Jean-Jacques de Balasy. En 2005, il quittait le monde des fusions-acquisitions pour celui de la banque de financement après 22 années passées chez Lazard puis Morgan Stanley. Aujourd’hui, le responsable de la division de banque d’investissement de Barclays Capital (BarCap) en France, en Belgique et au Luxembourg veut se faire une place dans le conseil aux grandes entreprises. Alors que Barclays s’était recentré il y a douze ans sur les produits de dette, à la suite de la vente de BZW à Credit Suisse, il ambitionne désormais de se doter d’une plate-forme complète de financement et d’investissement en misant sur les fusions-acquisitions et les marchés de capitaux. Son spectre est aussi mondial : après avoir racheté à l’automne 2008 les activités américaines de Lehman Brothers, le groupe britannique a, ces derniers mois, décliné sa stratégie en Europe continentale avant de pénétrer davantage l’Asie.

Collaborations croisées

En France, Jean-Jacques de Balasy souhaite « figurer parmi les dix premiers acteurs du marché français dans 12 à 18 mois, en fonction du dynamisme du marché et de la taille des opérations qui sont de plus en plus souvent morcelées entre plusieurs banques, et dans les cinq premiers à horizon de trois ans ». Un vrai défi dans un marché que se disputent déjà les banques locales, BNP Paribas en tête, des acteurs spécialisés comme Lazard et Rothschild, des boutiques et de grands établissements d’origine étrangère. Cette tâche a été confiée à Philippe Deneux. Remplacé chez Credit Suisse par Olivier Barret, ce banquier de 46 ans est arrivé en juillet. L’heure des premiers « deals » n’a pas encore sonné, mais BarCap a déjà fait parler de lui en conseillant Toshiba pour le rachat du français Areva T&D. L’opération, menée par le nouveau responsable de sa division de banque d’investissement en Asie, avec l’appui de l’équipe française, a échoué, mais « nous a donné de la visibilité en France », assure Philippe Deneux.

Entouré pour le moment de deux ex-Merrill Lynch, Cédric Robert et Nicolas Darius, de quatre jeunes recrues et de trois collaborateurs déjà en poste chez BarCap, le responsable des fusions-acquisitions précise qu’il travaille « aussi avec les équipes sectorielles basées à Londres, historiquement très présentes dans l’énergie, les infrastructures et la communication ». Il profite en outre des liens tissés par BarCap avec les sociétés françaises. « Nous disposons d’une solide base de clients, principalement des entreprises du CAC 40 et des valeurs moyennes leaders dans leur secteur d’activité. Nous les accompagnons déjà dans leurs émissions obligataires, dans le financement d’acquisitions et dans la gestion des risques via des produits de couverture, et maintenant dans leurs émissions en fonds propres et dans leurs acquisitions en tant que conseil », explique Jean-Jacques de Balasy. BarCap occupait le huitième rang du marché des émissions obligataires en France l’an dernier, avec 4,5 % de part de marché selon Thomson Reuters. Dans l’activité de prêts, plus touchée par la crise, l’équipe française s’est seulement illustrée dans le cofinancement du rachat de British Energy par EDF, mais pourra jouer à l’avenir sur ce levier du financement pour obtenir des mandats.

Déménagement

Le développement du desk actions, conduit par Corinne Grain, doit également permettre à la banque d’investissement de monter davantage d’augmentations de capital et d’accompagner ses clients dans leurs projets de cotation. Le trading des actions européennes a débuté en novembre à Londres et la salle de marché parisienne compte, selon son responsable Yann Graff, 22 vendeurs actions (cash, dérivés et structurés) au côté des 38 dédiés au fixed income (taux, crédit, change et structurés de matières premières). Enfin, BarCap va collaborer avec Barclays Commercial Banking (rebaptisée Barclays Corporate). Depuis novembre, cette division dédiée aux entreprises de taille moyenne n’est plus dans le giron de la banque de détail mais supervisée par Bob Diamond, le président de BarcCap. Jacques Sourbier, directeur de Barclays Corporate en France, s’était déjà recentré sur les clients au chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros. Il les orientera désormais vers BarCap pour leurs opérations de fusions-acquisitions et de couverture, tout en proposant aux clients de la banque d’affaires ses services de gestion de flux et, depuis peu, de centralisation automatique de trésorerie. Une collaboration qui devrait mener prochainement au déménagement des équipes sur un site unique.

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