L’avis de… Stéphane Leroy, directeur des ventes et du marketing de Quanthouse, fournisseur de technologies pour le trading algorithmique

« A terme, la faible latence deviendra une norme technologique »

le 04/03/2010 L'AGEFI Hebdo

Pourquoi cette course de vitesse dans les technologies de trading ?

Xavier Rolet, directeur général du London Stock Exchange (LSE), fait du lobbying auprès de la Commission européenne en faveur des traders haute fréquence. Ces intervenants sont très importants sur les marchés car ils apportent de la liquidité et, de ce fait, permettent un large choix de produits financiers. Et ils sont de gros consommateurs de services pour les opérateurs boursiers. Ils injectent de la technologie dans le marché. Les plates-formes de négociation (MTF) doivent donc être performantes pour satisfaire ces clients exigeants. Dans les 24 derniers mois, nous avons signé avec les principaux acteurs, comme le LSE en novembre, et quasiment tous les MTF pour qu’ils puissent fournir leurs clients en données de marché à très faible latence. L’accélération de l’adoption des technologies dédiées correspond à l’éclatement de la crise en 2008. Il s’agit d’une stratégie défensive : les différents acteurs ont la pression. S’ils ne sont pas performants dans le domaine de la faible latence, leurs clients pourraient devenir leurs concurrents. Le rachat d’Equiduct par Citadel me paraît symptomatique.

Quelles sont les principales étapes de cette injection de technologie ?

La technologie est là pour modéliser les décisions humaines. A terme, ce que l’on appelle le systematic trading va remplacer le trading discrétionnaire. Il faut optimiser le STP (straight through processing), c’est-à-dire le traitement des flux d’information en continu et de façon automatisée, avec le minimum d’intervention humaine. Cette optimisation a débuté en aval de la chaîne de traitement des ordres, soit la transaction, et le phénomène touche désormais la partie amont, concernant le décisionnel : l’exécution et le trading. Après le passage au tout électronique des Bourses et la mise au point du protocole FIX, on peut identifier une troisième vague actuellement : le rapprochement physique entre les plates-formes boursières et les traders, ce qu’on appelle la colocation.

Jusqu’où cela ira-t-il ?

A terme, la faible latence deviendra une norme technologique. Puis, une fois l’infrastructure optimisée, on s’attaquera au middleware, le codage des éléments complexes, la modélisation de la pensée en langage informatique.

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