ÉMISSIONS DE GREEN BONDS - CA CIB leader sur ce marché naissant

le 30/10/2014 L'AGEFI Hebdo

Corporates européens

- Après une première année 2013 significative, à plus de 12 milliards de dollars en 27 émissions, les obligations vertes (green bonds) ont vraiment décollé en 2014 : 32 milliards de dollars en 72 émissions, selon ce classement Dealogic .« Ce marché est né en 2006 avec des émissions de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de la Banque mondiale. Mais il a effectivement pris une nouvelle dimension avec celle d’Air Liquide en 2012, suivie de plusieurs autres ‘corporates’ (EDF, Unibail, Iberdrola, GDF Suez...). Et un doublement des encours mondiaux, déjà au-delà de 50 milliards de dollars cette année », confirment Franck Hergault et Magali Bilocq, managing directors origination DCM et sustainable team chez Crédit Agricole CIB (CA CIB).

- Si la « banque verte » était déjà leader mondial par le passé avec plus de 50 % des émissions par les banques de développement et autres agences supranationales, elle continue à dominer ce marché avec plus de 70 % des émissions par des corporates. Crédit Agricole CIB devance BAML, SEB et Morgan Stanley, leaders aux Etats-Unis, sur un marché de seulement  4 milliards de dollars. Sur un marché européen autour de 18 milliards d’euros, on retrouve à peu près les mêmes. Et les françaises Natixis ou BNP Paribas, dont le marché domestique représente à lui seul 20 % du total mondial.

Champ d’innovations

- Bien qu’encore assez petit, ce marché naissant a connu cette année de nombreuses nouveautés avec : la première émission de « green ABS » pour Toyota (en dollars) en mars ; la plus grosse émission de « green bond » par une collectivité territoriale (Ile-de-France) en avril ; la première émission d’un « covered green bond » (Pfandbrief) pour Münchener Hypothekenbank AG ; ou, également en septembre, la première émission, organisée par BNP Paribas pour la Banque mondiale, d’un « green bond » adossé à un indice d’actions sélectionnées selon leurs critères de responsabilité sociale et environnementale (RSE)…

- « Les banques commencent aussi à s’intéresser à ce segment en tant qu’émettrices », poursuivent Franck Hergault et Magali Bilocq. Et les corporates ont également la première émission de « green bond » par une société notée « high yield », pour Abengoa (B/B+). Cette dernière opération était co-arrangée fin septembre par BAML, Crédit Agricole CIB, HSBC, Natixis, Santander et SG CIB. La banque de la Défense, qui avait aussi participé aux opérations corporate Air Liquide, EDF et GDF Suez, voit « de plus en plus d’émetteurs réfléchir à mettre en valeur leurs initiatives ‘durables’ dans le domaine industriel. Cela devrait conduire à des émissions moins évidentes (exemple : Unilever en mars) que les ‘utilities’ ou les énergies renouvelables, expliquent Félix Orsini et Jérémie Boccara, responsables de l’origination DCM corporate et dans les « green bonds ». Cet enjeu, comme une définition claire des instruments, est capital pour structurer ce segment. »

-Si de plus en plus d’investisseurs affichent des labels ISR, ils ne sont cependant pas encore prêts à « payer » pour des placements « verts ». « Ils considèrent que le risque de défaut est identique dans tous les cas », estiment les banquiers de SG CIB. L’analyse des spreads (comme sur l’émission de 2,5 milliards d’euros de GDF Suez en mai) démontre que, malgré la demande, les émetteurs corporate n’obtiennent pas sur leurs émissions « green » de meilleurs coupons que sur leurs émissions traditionnelles. Ils y trouvent donc pour l’instant un moyen de communiquer et d’élargir leur base d’investisseurs.

Classement des teneurs de livres sur les émissions d’« obligations vertes » en 2014 (au 22 octobre)

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