Un homme, une équipe

Niels Court-Payen met A Plus Finance au service des PME

le 15/05/2014 L'AGEFI Hebdo

Trouver les pépites du tissu économique français et les accompagner en période de transmission : tels sont les objectifs de ces spécialistes de l’investissement.

De gauche à droite : Fabrice Imbault, directeur général adjoint ;  Tuan Tran, directeur de participations ; Jean-Christophe Sampson, directeur de participations ; Niels Court-Payen, PDG ; Grégoire de Castelnau, directeur de participations ; Alexandre Vill
De gauche à droite : Fabrice Imbault, directeur général adjoint Tuan Tran, directeur de participation Jean-Christophe Sampson, directeur de participation Niels Court-Payen, PDG Grégoire de Castelnau, directeur de participation Alexandre Villet, directeur de participation Absente sur la photo : Sonia El Golli, chargée d’affaires middle-office
(Pierre Chiquelin)

Bureaux clairs, cloisons transparentes, collaborateurs élégants et décontractés, c’est ce que Niels Court-Payen appelle « une ambiance d’équipe », qu’il a voulu créer au sein d’A Plus Finance, sa société de gestion fondée en 1998 avec Frédéric Bayol, son associé. D’abord tournée vers le capital-risque via les fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) et les fonds de fonds, l’entreprise A Plus Finance s’adressait plutôt aux particuliers. Avec 25 collaborateurs désormais, l’entreprise revendique son indépendance et son management collaboratif.

Pour Niels Court-Payen, PDG d’A Plus Finance, ce mode de gestion a certainement permis à l’entreprise de prendre un tournant important en 2009 en anticipant les difficultés du capital-risque et les nouvelles attentes des investisseurs à la recherche de produits de rendement. « C’est ainsi que nous avons défini deux axes stratégiques de développement : l’immobilier et le financement en dettes privées pour les PME, notamment pour les entreprises valorisées de 5à 50 millions d’euros, indique-t-il. En quatre ans, nous avons ainsi levé 180 millions d’euros et réalisé plus de vingt opérations. » Une performance que Niels Court-Payen affiche avec fierté, mettant en avant l’équipe transmission constituée de quatre directeurs de participations, secondée par Sonia El Golli, chargée du middle office, et renforcée par Fabrice Imbault, directeur général adjoint responsable de la stratégie et de la distribution.

Ce dernier souligne la cohérence du positionnement d’A Plus Finance : « Avant d’avoir des ETI [entreprises de taille intermédiaire, NDLR], il faut d’abord permettre aux PME de se développer, alors que les banques se désengagent de ce segment de marché, se montrant plus sélectives et apportant des montants moindres. Toute une catégorie d’entreprises en situation médiane a ainsi des besoins de financement insatisfaits. Nous pouvons leur apporter un complément de financement privé et les accompagner dans leurs projets de croissance ou de transmission. » Et ce d’autant plus que de nombreux baby-boomers qui ont fondé leur société sont désormais à la recherche de repreneurs.

L’équipe transmission bénéficie donc d’un environnement très favorable. Encore faut-il détenir le savoir-faire qui permet de « détecter ces pépites peu connues mais leaders sur leur marché de niche et recelant un fort potentiel de croissance », comme le souligne Fabrice Imbault. Dans le portefeuille d’A Plus Finance, on trouve ainsi des entreprises très industrielles, ou encore des sociétés de logiciels et même des sociétés de services : Vision Systems, près de Lyon, produit des dispositifs de protection solaire dans le secteur aéronautique, Alphyr, à Paris, développe un réseau d’agences de travail temporaire et de recrutement, AID est un spécialiste de l’utilisation des données au service du marketing… Les exemples ne manquent pas, issus de multiples secteurs d’activités.

Travail en binôme

Grégoire de Castelnau, Jean-Christophe Sampson, Tuan Tran et Alexandre Villet constituent l’équipe transmission. Tous trentenaires, ils affichent des diplômes et des expériences professionnelles très complémentaires. Ingénieur, avocat, auditeur… ils sont issus du monde de la finance, travaillent systématiquement en binôme et cultivent leurs relations avec les consultants, les experts-comptables, les entrepreneurs ou les institutionnels qui savent les alerter lorsqu’une opération se prépare. « A Plus Finance est reconnu comme un partenaire stable, capable d’accompagner les dirigeants d’entreprise dans leurs objectifs de création de valeur et de dire les choses franchement, résume Niels Court-Payen. Nous avons bonne réputation car nous soutenons nos partenaires, même dans les moments compliqués. » Une attitude qui favorise le bouche à oreille et la recommandation, une bonne part des dossiers viennent d’ailleurs des participations ou de banques intervenant en dette senior. Mais il faut aussi savoir séduire les dirigeants d’entreprise. « L’important est d’avoir un discours clair et d’expliquer qu’il est possible de monter des opérations complexes pour de petites entreprises en fonction de leurs objectifs », avance Jean-Christophe Sampson, directeur de participations.

Relations au long cours

En général, A Plus Finance intervient sur des tickets de 2 à 4 millions d’euros sous forme d’obligations convertibles, mais aussi en capital seul ou de façon mixte capital et dette. « Notre méthode de travail est rodée et nous sommes capables de boucler une opération sur mesure en trois ou quatre mois », ajoute Jean-Christophe Sampson. Le processus est pourtant loin d’être simple : il faut d’abord étudier la société et son environnement, son équipe dirigeante, son projet de développement, les fonds nécessaires et les retours escomptés. Le dossier est ensuite présenté en comité de deal : si l’opération est validée, un binôme est désigné pour suivre le dossier. S’ensuit une rencontre avec le management, voire une visite du site. Le dossier est rédigé par l’équipe en charge et présenté en comité d’investissement. Si celui-ci donne le feu vert, une lettre d’offre est envoyée à l’entreprise, avec les conditions d’intervention et l’accord d’exclusivité. Si le dirigeant est partant, des audits comptables, financiers, juridiques, fiscaux, sociaux et même environnementaux approfondis sont ensuite réalisés. A Plus Finance peut aussi aider l’entreprise à trouver des financements bancaires ou des co-investisseurs. Si tout se passe bien, la rédaction de la documentation juridique (pacte d’actionnaires, contrat d’émission d’obligations convertibles en actions [OC], convention de rang…) est confiée à un cabinet d’avocats. Après quelques allers-retours, le closing est réalisé. Le binôme d’A Plus Finance qui a mené le dossier jusque-là s’occupe également du suivi de la participation : une place au board leur est normalement attribuée.

Cette relation au long cours peut d’ailleurs être riche, compte tenu des besoins des entreprises et de l’expertise que peuvent apporter les directeurs de participations. « Nos échanges sont réguliers, chaque mois ou chaque trimestre, estime Alexandre Villet, directeur de participations. Nous sommes sollicités parfois sur le recrutement d’une personne clé, sur des sujets de croissance externe. Nous intervenons également dans la mise en relation avec d’autres dirigeants de nos participations qui pourraient avoir intérêt à travailler ensemble, comme c’est le cas pour le laboratoire Protec et SET-Environnement qui exercent dans le domaine de l’amiante. Il m’est arrivé également de servir de médiateur entre le repreneur d’une entreprise et ses anciens actionnaires qui s’opposaient sur le montant d’un earn-out’ [complément de prix versé au vendeur après coup, sous certaines conditions, NDLR]. » Un travail d’orfèvre sur des opérations que d’autres jugeraient trop petites.

Son parcours

Niels Court-Payen, 54 ans.
Diplômé de l’ESCP,
PDG d’A Plus Finance.

1984 : débute sa carrière chez Paribas.

1989 : rejoint Paribas Affaires Industrielles (PAI).

1998 : cofonde A Plus Finance avec Frédéric Bayol.

2010 : crée l’activité de dette privée d’A Plus Finance.

2012 : lance le premier fonds d’A Plus Finance dédié à la transmission de PME-TPE.

2013 : année record de collecte, avec 110 millions d’euros collectés majoritairement auprès d’institutionnels.

Niels Court-Payen
Pierre Chiquelin

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