Natixis réorganise sa recherche pour la rentabiliser davantage

le 23/10/2014 L'AGEFI Hebdo

La recherche de la banque de financement du groupe BPCE vient de lancer sa nouvelle offre « cross-expertise » au service de la croissance des activités.

Natixis réorganise sa recherche pour la rentabiliser davantage
Christophe Ricetti, responsable du pôle « Global Markets » de Natixis
(©Natixis – Fabrice Vallon)

Se doter d’une nouvelle recherche à la conquête d’une nouvelle frontière. C’est l’ambition que s’est donnée Natixis il y a un an en réorganisant les équipes concernées en un pôle unique, « Global Markets », en même temps que la banque dévoilait les objectifs de son plan à 2017, « New Frontier ». « La réorganisation de la recherche est très en ligne avec le nouveau plan stratégique, qui a vocation à créer des synergies entre les équipes pour être plus efficace », indique Christophe Ricetti, responsable de « Global Markets ».

Son équipe, dont les effectifs ont été légèrement réduits début 2014, se compose d’une centaine de personnes, dont plus de 80 à Paris et les autres à l’international (5 aux Etats-Unis, 4 en Asie, 4 à Londres et 2 à Francfort). Logée dans le pôle Banque de Grande Clientèle, elle réunit désormais sous un même toit trois points de vue : Economie, Crédit et Equity (marché actions). « Nous les avons rapprochés au sein de Global Markets qui a vocation à être transverse, annonce Christophe Ricetti. Et nous avons créé le produit ‘cross-expertise’ afin d’offrir à nos client une vision globale des marchés, de leur permettre de faire des arbitrages et des choix d’investissement. » Ce produit vient d’être lancé et si la vision classe d’actifs par classe d’actifs va rester primordiale, la part la plus importante des travaux est dorénavant réalisée de manière transversale afin que l’offre cross-expertise puisse être proposée le plus systématiquement possible. « Nous offrons un service différent et très adapté à la façon dont les marchés se comportent aujourd’hui, explique Christophe Ricetti. Les évolutions des différentes classes d’actifs sont interdépendantes entres elles. A titre d’illustration, depuis la chute de Lehman Brothers, on ne suit plus le secteur bancaire de la même façon. »

Natixis entend recentrer les missions de la recherche autour des clients en optimisant les ressources allouées. « Notre objectif est que le nouveau dispositif accompagne le développement de Global Markets, confie Christophe Ricetti. L’enjeu est d’améliorer la monétisation de la recherche, qu’elle soit mieux rémunérée et qu’elle contribue à la croissance de nos activités. » En clair, il n’y aura plus de travaux qui ne puissent conduire à des recommandations d’investissement. « La recherche est désormais constituée comme une ‘business line’. Nous analysons l’évolution des marchés, faisons des prévisions, mais la recherche est aussi étroitement liée aux forces de vente qui utilisent ces produits pour répondre aux questions des clients, à leurs besoins et afin de créer des solutions », détaille le responsable.

Investisseurs institutionnels

Cette réorganisation sert plusieurs ambitions du plan stratégique. « La recherche est au cœur du développement de la clientèle d’investisseurs institutionnels et de celui de l’activité à l’international. Ces deux axes sont stratégiques pour la Banque de Grande Clientèle, rappelle Christophe Ricetti. Historiquement, Natixis est très bien positionnée sur les clients ‘corporate’. Nous avons du potentiel de gains de parts de marché sur les clients investisseurs institutionnels. » Concernant l’international : « Nous accompagnons le développement du ‘cash equity’ au Royaume-Uni et aux Etats-Unis », indique le responsable. Le plan stratégique de la banque prévoit d’augmenter le produit net bancaire à l’international de 10 % par an pour la Banque de Grande Clientèle.

Natixis a aussi fait évoluer la vitrine commerciale de Global Markets, avec le lancement le 13 octobre d’un nouveau site internet, qui rassemble les documents publiés par ses experts sur une seule plate-forme et promeut l’offre cross-expertise.

Alors que quelques rares concurrents ont déjà lancé ce type d’innovation dans leur recherche – Société Générale a été précurseur avec « Cross Assets Research » dès 2005, et Morgan Stanley propose depuis plusieurs années ses « Blue Papers » –, il est trop tôt pour connaître les premiers effets de cette réorganisation chez Natixis. Les résultats trimestriels du 4 novembre seront toutefois l’occasion de faire un point sur l’avancement des objectifs de sa banque de financement et d’investissement.

Nous offrons un service différent et très adapté à la façon dont les marchés se comportent aujourd’hui
Christophe Ricetti, responsable du pôle « Global Markets » de Natixis

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