Rencontre avec... Patrick de Villepin, président de la commission affacturage à l’Association française des sociétés financières (ASF) et président de BNP Paribas Factor

« L’affacturage va continuer à progresser »

le 18/12/2014 L'AGEFI Hebdo

« L’affacturage va continuer à progresser »
Patrick de Villepin, président de la commission affacturage à l’Association française des sociétés financières (ASF) et président de BNP Paribas Factor
(Stefan OpdeBeeck)

Comment expliquer la croissance de l’affacturage en 2014 ?

Ce marché est en forte croissance depuis des années en France, car l’affacturage permet à l’entreprise d’améliorer sa trésorerie, d’obtenir une garantie du paiement de ses créances, et le factor se charge aussi de leur recouvrement pour les PME et TPE. A l’heure actuelle, alors que les délais de paiement s’allongent, de plus en plus de TPE recourent à cette pratique pour obtenir des liquidités. Les factors ont développé pour elles des produits « à la carte », simplifiés et répondant à des besoins ponctuels. Le marché est également tiré par les grandes entreprises qui utilisent plus l’affacturage qu’auparavant.

Quelles sont les tendances sur ce marché ?

Nous assistons à une sensible hausse de la taille des programmes qui peuvent désormais atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. Face à cette situation, la syndication commence à se développer. L’affacturage à l’international progresse fortement, avec l’émergence de grands appels d’offres européens. L’international représente désormais 20 % à 30 % de l’activité de certains acteurs tel BNP Paribas Factor. La durée des contrats s’allonge, atteignant entre quatre et six ans. Enfin, face à l’augmentation de leur taille, nos sociétés ont développé de véritables usines d’affacturage, des « factoring factories », afin de pouvoir traiter plusieurs millions de factures. Cette industrialisation leur permet d’améliorer leur productivité et leurs résultats, malgré la baisse des taux d’intérêt. Le résultat d’exploitation des sociétés d’affacturage s’améliore donc, comme le souligne le dernier rapport de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution). Dans un tel environnement, l’affacturage va continuer à progresser.

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