ING Commercial Banking prend une nouvelle dimension en France

le 18/12/2014 L'AGEFI Hebdo

A la faveur de la création d’ING France, la branche de financement affiche des objectifs de croissance ambitieux.

ING Commercial Banking prend une nouvelle dimension en France
Paul-Emmanuel Aerts, directeur général d’ING Commercial Banking.
(DR)

Un an après la réorganisation d’ING en France, sa branche de financement est à mi-parcours dans son plan de croissance. A fin 2014, ING Commercial Banking affiche 4,5 milliards d’euros de crédits utilisés pour un objectif de 6 milliards à fin 2015, sur 10 milliards d’engagements, contre 3 milliards début 2013 : le fruit de 2 milliards de crédits nouveaux (après le remboursement de 500 millions de financements dans l’immobilier). La plate-forme parisienne, dotée de 140 personnes, a pris de l’envergure. Un nouveau souffle permis par la restructuration de sa maison mère mise à mal par la crise financière.

En octobre 2008, ING group reçoit 10 milliards d’euros de la part de l’Etat néerlandais. En contrepartie, la Commission européenne exige, en plus du remboursement à l’Etat – complété en 2014, en avance sur le plan –, des restructurations. Outre des ventes d’activités, le groupe s’engage dans une refonte de ses filiales à l’étranger. Il fusionne les activités de banque des particuliers et celles de financement d’entreprises pour gagner en cohérence. En France, comme en Allemagne, en Espagne et en Italie, les deux activités historiques – ING Direct et ING Commercial Banking – sont mises en synergie : « Une manière de réduire le bilan puisque nous utilisions la trésorerie groupe, tandis qu’ING Direct disposait de dépôts qu’elle plaçait sur les marchés », explique Paul-Emmanuel Aerts, directeur général d’ING Commercial Banking. La plate-forme de banque de financement et d’investissement (BFI) n’a plus besoin de solliciter sa maison mère : elle peut désormais mobiliser 12 milliards d’euros de dépôts pour financer l’économie. La nouvelle organisation, baptisée ING France, est en place au 1er mai 2013. Dans la foulée, ING CB reprend la succursale consacrée aux opérations avec effet de levier (LBO) et lance son plan de croissance.

Elargir le cœur de cible

Le premier à mi-chemin à fin 2014, le deuxième étage de la fusée peut être enclenché : élargir le cœur de cible. « Nous sommes un acteur sélectif : nous visons principalement les grandes entreprises françaises qui disposent d’importantes activités internationales. Nous sommes proches de 50 des 100 plus grandes, souligne Paul-Emmanuel Aerts. En revanche, nous avons encore des parts de marché à conquérir sur le SBF 120 (pour des entreprises de plus d’un milliard de chiffre d’affaires). Nous souhaitons répliquer notre modèle hors CAC 40. » Car modèle il y a. Comme d’autres BFI étrangères à Paris, ING CB mise sur la diversification géographique de sa maison mère. « ING est présent dans 45 pays, mais est surtout puissante dans le Benelux et en Europe centrale et orientale – la Pologne est même le troisième marché domestique d’ING après les Pays-Bas et la Belgique. C’est surtout dans ces pays que nous accompagnons nos clients français », détaille Paul-Emmanuel Aerts. La banque a accompagné Sanofi en Pologne, ainsi que GDF, EDF et Orange en Belgique. Une spécificité qui se retrouve dans les revenus, alors qu’avec un même client, le produit net bancaire (PNB) réalisé en France s’établit dans un rapport de 1 à 3 avec celui réalisé à l’international.

Sur le fond de l’activité, peu de changements toutefois. ING CB cible les entreprises, les institutionnels (banques et assurances), avec des produits de marché et de financement, les financements structurés et LBO, et enfin le financement immobilier. Le cœur de son activité est la syndication. « Nous ne cherchons pas à être leader, mais un bon challenger dans notre marché. Originer puis syndiquer. Et surtout être une banque importante pour nos clients », fait savoir le directeur général d’ING CB. Son entité figure d’ailleurs parmi les premières banques étrangères en tant que teneur de livre (bookrunner) des prêts syndiqués en 2014 comme en 2013. Cette année, elle a notamment été lead arrangeur et bookrunner avec Société Générale pour un prêt de 250 millions d’euros à Norbert Dentressangle pour l’acquisition de Jacobson Company aux Etats-Unis. Le financement export et la gestion de trésorerie prennent aussi de l’ampleur. « De nombreux groupes n’ont pas automatisé leur remontée de ‘cash’. Il y a beaucoup d’opportunités dans ce secteur, notamment pour nos clients à l’international », relève Anne-Sophie Castelnau, head of client coverage.

La dernière étape de la transformation s’effectuera en mars : la BFI quittera La Défense pour rejoindre ING France à Bercy. Quant à la question de l’appellation Commercial Banking, plutôt que CIB, Paul-Emmanuel Aerts sourit : « Le choix s’est fait en 2009, alors que nous nous appelions ‘Wholesale Banking’. L’ADN d’ING, c’est la banque commerciale. La volonté n’est pas d’être une banque d’investissement opportuniste, mais bien d’accompagner les clients dans une logique de relation globale. »

ING est passé de la 24e place en 2013 à la 17e en 2014 en termes de commissions sur le marché français, selon Thomson Reuters

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