Indices au beau fixe pour les experts des ETF

le 16/09/2021 L'AGEFI Hebdo

Portée par une activité florissante, la filière recrute sur l’ensemble de sa ligne métier.

Indices au beau fixe pour les experts des ETF

« Après une croissance annuelle moyenne de 15 % sur la dernière décennie, l’industrie européenne des ETF (exchange-traded funds, NDLR) devrait enregistrer en 2021 une activité record puisque, à fin juillet, la progression des encours était déjà de 19 % à 126 milliards d’euros… » Cette annonce d’Isabelle Bourcier, responsable des gestions quantitative et indicielle chez BNP Paribas Asset Management, illustre la montée en puissance de ce mode de gestion chez les asset managers. Afin de soutenir la croissance de l’activité, ces derniers renforcent donc leurs équipes dédiées. Chez Lyxor AM, qu’Amundi est en train de racheter à la Société Générale, la filière fonds indiciels cotés créée dès 2001 emploie une centaine de collaborateurs. « Dans cet écosystème, la gestion représente à elle seule 20 % du staff, souligne Raphaël Dieterlen, responsable des investissements gestion passive de Lyxor. Le reste se répartit entre la vente, le marketing, la structuration produit, la recherche, les marchés de capitaux et l’informatique. »

La filière a également enregistré une progression régulière de ses effectifs. « En 2016, lorsque nous avons décidé de créer une équipe intégrée sur les ETF, 14 personnes y travaillaient. Cinq ans plus tard, une trentaine d’experts ont en charge la gestion de nos 34 milliards d’euros d’encours », note Isabelle Bourcier. Les recrutements ont le plus souvent concerné tous les métiers. « Dans cette industrie, tout est imbriqué, explique Fannie Wurtz, directrice de la ligne métier ETF, indiciel et smart beta chez Amundi. Plus vous créez de produits, plus vous avez besoin de vendeurs pour les commercialiser et de gérants pour les piloter… Par ricochet, vous devez aussi vous renforcer au marketing, à la structuration, au capital market... »

Diversité de profils

La tendance n’est pas près de s’inverser. « Les besoins en recrutement nous amènent à embaucher en continu de nouvelles recrues, confie Isabelle Bourcier. Nous privilégions une grande diversité de profils, des seniors côtoyant au sein des équipes des juniors fraîchement diplômés des écoles de commerce et d’ingénieurs, ou en sortie de volontariat international (VIE) ou d’alternance. » A la gestion, les candidats dotés d’une solide expertise en mathématiques financières après un parcours dans la recherche quantitative ou l’informatique sont particulièrement recherchés. Les équipes accueillent aussi des gérants venus de la gestion active traditionnelle. C’est ce chemin qu’a parcouru Luca Pagni, 48 ans, recruté comme gérant ETF par BNP Paribas Asset Management en 2019. « Après avoir exercé pendant vingt ans comme gestionnaire d’obligations d’entreprise, j’ai eu envie de découvrir un nouvel univers d’investissement, raconte cet Italien diplômé en économie et commerce à Rome. Lorsque j’ai vu sur la plateforme de mobilité interne du groupe qu’un poste de gérant ETF obligataire s’ouvrait, j’ai postulé, en mettant en avant ma connaissance des spécificités de ce marché. »

Force du réseau

Pour attirer les nouveaux talents, les équipes ETF s’appuient en priorité sur la mobilité interne. « Lorsque nous avons besoin d’aller chercher une expertise sur le marché, le réseau fonctionne assez bien car l’industrie des ETF est un petit monde », ajoute Raphaël Dieterlen. La force de ce réseau, Anne-Marie Mussard, 39 ans, l’a expérimentée en 2020 lorsqu’elle a été recrutée comme gérante de portefeuille ETF obligataires chez Lyxor AM, après avoir été recommandée par un ancien collègue de chez DWS à Londres où elle a occupé pendant deux ans le poste de responsable de l’équipe en charge des ETF obligataires. Pour cette diplômée du master 2 banque et finance de la Sorbonne, le travail au quotidien est intense. « Entre la gestion des stratégies passives, le suivi des événements de marché et les volumes de transaction à réaliser pour ajuster nos portefeuilles, les journées sont souvent bien remplies », assure-t-elle. « Contrairement à ce que certains peuvent penser, il ne suffit pas d’acheter des produits ETF et de suivre les indices en attendant que les choses se passent, complète Luca Pagni. Il s’agit en réalité d’un métier très technique, qui implique beaucoup de rigueur et une capacité à traiter des analyses souvent complexes. Depuis mon arrivée il y a deux ans, j’ai aussi eu l’occasion de participer au lancement de deux nouveaux indices ESG (environnement, social, gouvernance, NDLR) centrés sur la finance verte et le climat. »

« Ce métier nous permet également d’interagir avec les équipes produits et structuration, mais aussi avec les commerciaux, les investisseurs, les dépositaires et les valorisateurs afin de nous assurer que la performance des fonds est bien en ligne avec celle des indices », ajoute Anne-Marie Mussard. Cette technicité et cette exposition sont d’ailleurs recherchées. « Nous avons plein d’exemples d’évolutions vers les gestions active, systématique ou fondamentale, la recherche ou l’IT, observe Arnaud Gihan, responsable de l’activité iShares de BlackRock pour la France. Nous avons même d’anciens gérants qui sont partis rejoindre les équipes ESG. » La filière offre également la possibilité de mener de belles carrières. Mehdi Balafrej peut l’attester. « Depuis mon arrivée chez Amundi en 2013, je suis passé par pratiquement toutes les équipes de la ligne métier, rapporte cet ingénieur de 40 ans diplômé de Centrale Lyon. J’ai ensuite enchaîné avec des fonctions managériales de responsable de l’ingénierie produit, puis de responsable adjoint du développement produit et du capital market, avant d’être nommé responsable de la gestion ETF et indicielle en juillet 2020. » Les évolutions comme celle de Mehdi Balafrej ne sont pas rares chez Amundi. « Les ETF offrent une très belle visibilité, assure Fannie Wurtz. Sylvain Brouillard, qui a été responsable adjoint de la gestion ETF, indiciel et smart beta pendant cinq ans, a été nommé l’année dernière ‘deputy CEO’ d’Amundi en Allemagne. »

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