Rencontre avec... Jean-Marie Paluel-Marmont, président de l’Association française du family office (Affo)

« Notre profession reste encore peu connue et peu comprise »

le 15/06/2017 L'AGEFI Hebdo

 L’Affo vient de publier un guide intitulé « A la découverte du family office ». Que vise cette initiative ?

Nous avons constaté que notre profession reste encore peu connue et peu comprise, l’objectif de ce guide est donc d’expliquer en quoi consiste ce métier, comment il fonctionne, avec quels statuts, etc. Nous nous adressons notamment aux jeunes, à travers des cas pratiques, afin de montrer la multiplicité des services et des prestations apportées par un family office, ainsi que la variété des compétences requises. Par ailleurs, nous souhaitions mettre en avant un aspect essentiel du métier : la transparence des modèles de rémunération. Ainsi, nous sommes en faveur d’un système d’honoraires, et non de rétrocommissions (comme chez les conseillers en gestion de patrimoine), car il faut un alignement d’intérêts entre le client et son family office. Ce qui distingue les family offices des conseillers en gestion de patrimoine et des banquiers privés, c’est la notion d’indépendance, car ils ne vendent pas de produits financiers.

Comment évolue le métier du « family office » actuellement ?

Son évolution est étroitement liée à celle de ses clients. A l’origine, les family offices accompagnaient de grandes familles institutionnelles. Aujourd’hui, on voit des créateurs d’entreprise, de jeunes entrepreneurs âgés de 40-45 ans qui ont des problématiques de patrimoine et de gouvernance familiale auxquelles les family offices peuvent répondre. Même si leur patrimoine est moins important que ceux de grandes familles, il est suffisamment élevé pour nourrir des réflexions sur l’organisation de leurs intérêts patrimoniaux. L’autre évolution concerne les professionnels du family office eux-mêmes. Ils doivent avoir des connaissances de plus en plus internationales car les familles sont désormais internationales. Les multi-family offices pourraient ainsi développer des réseaux à l’étranger, ou se doter de correspondants à travers le monde, afin de pouvoir traiter de sujets fiscaux ou de droit de la famille sous un angle international.

A lire aussi