Dossier Grand Paris

Travailler à La Défense, entre plaisir et sacerdoce

le 15/04/2010 L'AGEFI Hebdo

Si les tours offrent un cadre professionnel agréable, le parvis peine à devenir un réel lieu de vie.

A en croire les salariés des grands groupes financiers (Société Générale, Dexia, Axa, ING, Coface...) ou autres entreprises (KPMG, Mazars, Ernst & Young…) basés à La Défense, il y a une nette distinction à établir entre leur vie professionnelle dans ce quartier d’affaires et celle qu’ils mènent dans les tours. Car sur la dalle du parvis, le confort en termes d’accès, de circulation et de services offerts n’est pas du tout le même que celui dont ils profitent dans leurs bureaux, où tout a été pensé pour les mettre à l’aise. « Dans nos deux immeubles Palatin et Belvédère, il y a un self-service (qui n’est pas en sous-sol), une conciergerie physique mais aussi accessible par intranet et téléphone, une salle de sport qui propose des cours divers… », énumère Pascal Collardey, associé directeur des ressources humaines de KPMG SA. A ce poste depuis 1999, il travaille à La Défense depuis fin 2005 parmi les 2.100 collaborateurs du groupe d’audit.

De son côté, Reza Joomun, senior manager au sein de la ligne de métier transaction services de Mazars où il exerce depuis neuf ans, apprécie aussi les nombreuses prestations de sa tour qui abrite quelque 1.246 salariés : « Notre immeuble est très récent (il est sorti de terre en 2006) et il a été conçu avec une vraie réflexion sur le fait de rendre la vie au bureau plaisante pour les salariés. La tour que Mazars occupe entièrement est lumineuse, dotée d’un restaurant d’entreprise, d’une cafétéria, d’un parking qui nous est dédié (ce qui n’est pas systématique), d'une conciergerie que j’utilise régulièrement, de salles de réunion modulables, d'une salle de détente au dernier étage de la tour… » Troisième tour de Société Générale livrée en 2008, Granite ne manque pas non plus d’arguments pour plaire aux salariés qui l’occupent. « Après avoir fait du sport, nous pouvons utiliser des douches avec des casiers individuels, indique un jeune cadre de la banque. Les bureaux sont très ergonomiques, avec de larges baies vitrées, des espaces cafés à chaque étage… »

Difficile de « réseauter »

Les points faibles de La Défense ne se situent donc pas à l’intérieur de ses emblématiques immeubles, mais plutôt à l’extérieur : lignes de transports saturées, rareté des restaurants haut de gamme, absence de bistrots ou bars au cadre moderne et « cosy »… On est encore loin de l’ambiance de Canary Wharf à Londres où les cadres de la finance se retrouvent régulièrement autour d’un verre après leur journée de travail. « Sur le plan des restaurants, l’amélioration a été plus quantitative que qualitative, regrette ainsi Reza Joomun. Il n’y a que deux restaurants haut de gamme qui sont toujours pris d’assaut à l’heure du déjeuner ! » Les points de restauration ou de rencontre ne proposant pas un cadre adapté aux échanges informels, le « réseautage » entre professionnels est assez limité en journée et inexistant le soir. « Ce que visent les restaurants de La Défense, ce sont de gros volumes aux heures du déjeuner, ils ne sont pas conçus pour être attractifs le soir, fait remarquer Pascale Bonnard, associée d’Eurogroup Consulting, qui travaille dans le centre d’affaires depuis dix ans. Donc l’idée de 'networker' après le travail entre collègues autour d’un apéritif est assez compliquée à mettre en pratique. »

Toutefois, tous admettent qu’être situé près de la Grande Arche est un atout lorsqu’on exerce dans la finance ou dans le conseil en raison de la proximité avec les clients situés dans cette zone. « L’intérêt d’être à La Défense, c’est de regrouper nos équipes, de pouvoir travailler de façon transversale et de se trouver proches de nos grands comptes », confirme Pascal Collardey. « Cela facilite les contacts, ajoute Reza Joomun. Il y a une concentration de grandes entreprises et il est simple de se déplacer pour aller les voir. » Mais ce dernier reste préoccupé par « la grande problématique de l’accès ». « Avec de nouvelles tours qui vont sortir de terre, des projets menés pour développer ce quartier, il faudra trouver rapidement une solution pour accroître l’accessibilité à La Défense… », anticipe le jeune cadre. 

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