Baromètre de la banque

Les cadres de la banque de nouveau tentés par la mobilité

le 06/05/2010 L'AGEFI Hebdo

En avril, ils sont 55 % à déclarer avoir une démarche active de recherche d’emploi, contre 42 % en novembre 2009.

Depuis la précédente enquête trimestrielle de novembre 2009 (L’Agefi Hebdo du 21 janvier 2010) réalisée par Michael Page Banque en partenariat avec L’Agefi*, la façon dont les cadres appréhendent le marché de l’emploi a connu une inversion de tendance. En novembre, ils étaient 52 % à être « à l’écoute » mais de façon passive, contre 42 % de manière active. En avril (voir l'intégralité dans le PDF ci-dessous), c’est l’inverse : 55 % d’entre eux ont une approche active, contre 40 % de « passifs ». Vraie dans tous les métiers, cette attitude concerne surtout les professionnels de la banque de financement et d’investissement (BFI). Ils sont désormais 61 % à examiner activement le marché, contre 40 % auparavant, et plus encore prêts à s’expatrier (voir le graphique 2). Les cadres des services financiers spécialisés sont, eux, 66 % à avoir une démarche active. Quant à ceux de la banque privée, de la gestion d’actifs et du réseau, ils le sont à respectivement 61 %, 57 % et 48 %.

Les recruteurs ont eux-mêmes une approche plus dynamique. Une large majorité de cadres affirme en effet avoir été contactée par un cabinet durant ces deux derniers mois (61 %, comme en novembre). Ceux qui ont été les plus sollicités par rapport au précédent sondage sont les salariés de la BFI (71 %), des services financiers spécialisés (67 %) et de la gestion d’actifs (70 %).

L’envie de mobilité est vraisemblablement liée à la rémunération. Pour les banquiers issus de tous les métiers, la rémunération demeure le premier élément d’incitation à la mobilité (voir le graphique 1), toujours suivie de la mission liée au poste et des perspectives d’évolution. L’importance accordée au salaire est surtout notable chez les salariés du réseau tandis qu’elle ressort un peu moins fortement dans les autres activités : 78 % pour la banque privée, 76 % pour la BFI, et respectivement 71 % et 66 % pour les services financiers et la gestion d’actifs.

Des salaires peu satisfaisants

Certes, la part des cadres du secteur bancaire estimant être rémunérée à la hauteur de ses compétences n’a pas changé en avril et reste à 29 %. Mais par métiers, l’insatisfaction se fait sentir. Ainsi, les salariés du réseau sont encore moins nombreux à être satisfaits de leurs salaires (25 %, contre 29 % dans le baromètre précédent), tout comme ceux de la gestion d’actifs et de la BFI (respectivement 33 % et 34 %, contre 38 % précédemment dans ces deux métiers). Une baisse qui n’est pas une grande surprise chez les banquiers de la BFI et les gérants dans la mesure où les bonus distribués en début d’année n’ont pas toujours été conformes aux attentes. A l’inverse, dans les services financiers, la satisfaction remonte à 38 %, contre 31 % en novembre.

S’ils sont tentés par le changement, les banquiers affichent néanmoins une légère baisse de confiance quant à l’évolution du marché de l’emploi, avec 65 % de confiants, contre 68 % auparavant. Cette érosion est nettement plus visible dans la BFI avec 53 % de confiants (contre 63 % en novembre) et dans la banque privée. Du côté du réseau (voir le graphique 3), de la gestion d’actifs et des services financiers, les salariés demeurent confiants à une large majorité. Si les mobilités se mettent en œuvre dans la seconde moitié de l’année 2010, elles se réaliseront sans doute dans un marché de l’emploi plus tendu.

*L’étude a été menée en avril 2010 auprès de 1.000 professionnels exerçant dans les différents métiers : banque de réseau (51 % des répondants), BFI (13 %), services financiers spécialisés (15 %), banque privée (9 %) et gestion d’actifs (10 %). A une large majorité, les sondés sont des hommes (71 % dans le baromètre général), de 30 à 40 ans et qui occupent leur poste depuis plus de cinq ans (47 %).

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