La chronique de l'actualité

L’Allemagne se donne les moyens d’éconduire les investisseurs chinois

le 13/07/2017

Philippe Mudry

Tandis que l’Europe tergiverse, l’Allemagne passe aux actes : Berlin a adopté hier de nouvelles règles lui donnant les moyens de bloquer les investisseurs non-européens qui convoiteraient des actifs nationaux stratégiques.

Cette réglementation n’impliquant pas le vote d’une loi, elle sera effective rapidement.

Par actifs stratégiques, le texte vise une large gamme de secteurs liés aux infrastructures, surtout les sociétés technologiques qui travaillent pour elles.

Réseaux électriques et de télécommunications, centrales électriques, systèmes de gestion de l’eau, banques, hôpitaux, aéroports et chemins de fer seront très surveillés.

De même, les spécialistes du “cloud” où les sociétés stockent leurs données feront aussi l’objet de la plus grande attention.

Autre nouveauté : les autorités auront un délai de réponse doublé, à quatre mois, en cas d’enquête sur un investisseur suspect.

Le critère-clé, cité par le gouvernement, est celui de la réciprocité. Les économies moins ouvertes que l’Allemagne seront les moins bien venues. La Chine n’aura pas tort de se sentir visée.

Voilà qui pourra inspirer d’autres pays européens soucieux de conserver leurs joyaux sous contrôle. C’est le cas des Pays-Bas et du Royaume-Uni, deux pays de tradition fort libérale.

Ça ne l’est pas encore de toute l’Union et c’est dommage. Au dernier sommet européen, Emmanuel Macron n’avait pas été suivi dans sa charge sur le sujet, jugée protectionniste. Bien des pays ne sont pas en état de se passer du capital non européen, notamment chinois.

Tout au plus la Commission a-t-elle été priée d’analyser quelques secteurs spécifiques comme la banque, l’énergie et la technologie. Un hors d’œuvre avant l’ouverture en grand du chantier ?

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