La chronique de l'actualité

L’horizon d’Engie et de son directeur général se dégage

le 03/03/2017

Philippe Mudry

Le marché attendait le pire des résultats d’Engie. Le bond de 8% de l’action hier donne la mesure de son soulagement car la réponse à la première question qu’il se posait est connue : Isabelle Kocher sait tenir ses engagements.

Malgré une perte nette, le directeur général a su démontrer que le plan 2016-2018 se déroule bien :

-Plus de 50% des cessions annoncées sont déjà réalisées dans de bonnes conditions, permettant le retour à un endettement raisonnable ;

-la rentabilité, quoiqu’encore médiocre, se stabilise en termes d’excédent brut d’exploitation et de résultat récurrent ;

-la chasse aux coûts fonctionne au point que son objectif est relevé de 20%.

Par ailleurs, les dépréciations d’actifs, qui pèsent encore pour près de 4 milliards, touchent à leur fin. Il était temps : à 30 milliards en cinq ans, elles faisaient peser sur le groupe et son directeur général une menace mortelle.

Celle-ci s’estompe du fait d’une embellie conjoncturelle, de bon augure pour le prix de l’électricité et la rentabilité des centrales ; et du fait aussi d’une clarification des perspectives du nucléaire en Belgique.

D’où une probable remontée de la profitabilité, modeste du fait des restrictions de périmètre mais réelle.

Le chemin à parcourir pour sortir le cours du marasme reste long. Les activités nouvelles sur lesquelles compte Engie devront générer des cash-flows à la hauteur et justifier un dividende par action plus élevé que les maigriots 70 centimes annoncés.

Quant à savoir si la gouvernance du groupe sera stabilisée par ces résultats encourageants, Isabelle Kocher peut aussi l’espérer. Encore qu’il soit plus facile de redresser un géant industriel que de faire taire les rumeurs à Paris !

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