La chronique de l'actualité

GM entend jouer à fond la carte Trump

le 15/02/2017

Philippe Mudry

Carlos Tavares devra-t-il à Donald Trump un rapprochement avec Opel en cas de succès des négociations de PSA avec General Motors ? En partie sans aucun doute.

C’est peu dire que le président américain est attaché à un marché automobile national florissant.

Or GM, depuis qu’il est revenu à la vie grâce aux bons soins de l’administration Obama, a mis le turbo sur son très lucratif marché où ses marges dépassent 10%.

Y produire des automobiles sous l’ère Trump, avec des impôts revus en baisse et des normes anti-pollution potentiellement allégées, pourrait s’avérer un business bien plus rentable qu’en produire en Europe. Surtout quand on s’appelle General Motors.

Malgré d’incessantes restructurations, GM n’est jamais parvenu à redresser sa marque allemande.

Les normes sociales en vigueur outre-Rhin d’une part, la modestie des volumes produits et l’extrême concurrence régnant en Europe de l’autre lui interdisent la profitabilité espérée.

Même après la fermeture de son usine de Bochum en 2014, le constructeur n’a pu s’affranchir de surcapacités massives, dépassant de plus de moitié sa production et très supérieures à celle de ses rivaux.

Que GM jette l’éponge surprendrait d’autant moins que la patronne de GM Mary Barra a toujours privilégié les marges aux volumes. D’où les retraits opérés en Russie et en Australie, entre autres.

Toute à sa volonté d’optimiser son allocation de capital, GM considère sans doute que c’est sur son marché domestique que les meilleurs investissements sont aujourd’hui à réaliser.

Le constructeur a d’ailleurs été des premiers, dès la mi-janvier, à répondre aux injonctions de M. Trump en annonçant un milliard d’investissements supplémentaires dans ses usines nationales.

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