La chronique de l'actualité

La consolidation sectorielle s’accentue dans l’industrie

le 20/01/2017

Philippe Mudry

Serait-ce l’approche des élections présidentielles qui inciteraient les entreprises à précipiter leurs projets de croissance externe avant que la pression politique ne les entrave ? Certains banquiers d’affaires ne l’excluent pas.

Ils constatent avec satisfaction que ce début d’année est très actif dans le secteur des fusions et acquisitions, avec de grosses opérations annoncées ou déjà dans le tuyau.

L’annonce du rapprochement Essilor-Luxoticca a donné le top départ et s’annonce déjà comme un méga deal de l’année : un mariage à 46 milliards d’euros pour créer un géant mondial de l’optique.

L’opération Safran-Zodiac est un peu moins grosse mais néanmoins très significative.

Là encore, il s’agit de créer un champion dans un secteur d’excellence français, l’équipement aérospatial et militaire. Le nouvel ensemble fusionné pèsera plus de 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 2,7 milliards de résultat opérationnel courant.

Ces deux rachats avaient été précédés de peu en 2016 par un rachat similaire, celui de Morpho par Oberthur, destiné à former un grand de la biométrie.

Dans ces trois cas, il s’agit d’opérations de consolidation industrielle, parfois évoquée depuis des années.

Leur réalisation pourrait signifier qu’après le temps de la rationalisation, voire de la restructuration des grands groupes, la quête de croissance et de reconstitution des marges par consolidation des filières ne peut plus être ajournée.

En tout cas, ces opérations vont gonfler spectaculairement les statistiques pour 2017.

Déjà, pour les seules opérations transfrontières, les rachats annoncés depuis le 1er janvier atteignent 28 milliards, soit les deux-tiers en valeur de ceux annoncées toute l’année dernière.  

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