Aides aux entreprises : la France a touché sa cible

le 20/04/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 18H

France Relance, plan de soutien à l’économie suite à la crise sanitaire due au Covid
(RK.)

Le comité de suivi et d’évaluation des mesures de soutien aux entreprises, présidé par Benoît Cœuré et hébergé par France Stratégie, a publié mardi un bilan d’étape plutôt positif du « quoi qu’il en coûte ».

Dès mars 2020, les pouvoirs publics ont mobilisé quatre dispositifs pour permettre aux entreprises d’encaisser le choc du Covid-19 et du confinement : les prêts garantis par l’Etat (PGE), le recours au chômage partiel, les reports de charges et cotisations, et le fonds de solidarité. Il semble que ces dispositifs aient plutôt touché leur cible, et que les effets d’aubaine aient été évités, selon le comité de suivi, dont l’analyse porte sur la période mars-septembre 2020.

« L’intensité du recours décroît avec la taille des entreprises, le recours à plusieurs dispositifs n’a pas été systématique, et le non-recours semble en première analyse largement volontaire », souligne ainsi le rapport d’étape. A fin septembre 2020, 3,7 millions d’entreprises avaient bénéficié d’au moins une des quatre mesures de soutien financier d’urgence mises en place par les autorités, pour un montant global de près de 163 milliards d’euros, dont 26 milliards de subventions et 136 milliards de prêts.

Entreprises « zombies »

« Le recours aux dispositifs est maximal pour les entreprises dont la santé financière avant la crise était médiane, et plus faible pour celles dont la santé était mauvaise ou excellente », précise le rapport, pour qui « le moindre recours des entreprises les plus fragiles reste à expliquer ». Assez répandu, le non-recours aux dispositifs « semble majoritairement le fait d’entreprises sans salarié, n’ayant pas été affectées par la crise, ou en très bonne santé économique ou financière ».

Quant aux entreprises identifiées comme « zombies » avant la crise – soit les entreprises matures ne dégageant pas assez d’excédent brut d’exploitation pour couvrir leurs frais financiers durant trois années de suite – elles n’ont « pas mobilisé les dispositifs au-delà de leur part dans l’économie ».

Ces mesures d’urgence ont permis de « réduire fortement, au moins à ce jour, le nombre d’entreprises insolvables ou défaillantes ». Une étude du Trésor estimait que ces mesures ont permis de limiter l’augmentation de la part des entreprises insolvables à +3 points, contre +8 points en l’absence des dispositifs. Dans l’hôtellerie-restauration, la part des entreprises insolvables s’établirait à 30 % sans dispositifs et à 12 % avec dispositifs.

Ces travaux seront mis à jour et prolongés en vue du rapport final du comité qui sera rendu public en juillet 2021. L’objectif sera notamment d’actualiser l’analyse détaillée du recours aux dispositifs en intégrant le quatrième trimestre 2020 et le premier trimestre 2021.

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