Worldline ne revendra pas ses terminaux de paiement à des concurrents

le 19/04/2021 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe de paiements électroniques privilégie une cession à des fonds.

 Worldline est porté par l’adoption croissante des paiements électroniques au détriment du cash.
Worldline, spécialiste français des paiements électroniques.
(Photo Worldline.)

Six mois après avoir mené à bien son OPA à 7,8 milliards d’euros sur Ingenico, Worldline retourne sur le marché du M&A. Mais cette fois-ci en endossant sa casquette de vendeur. Avec l’appui d’UBS et de BNP Paribas, le spécialiste français des paiements électroniques dispose aujourd’hui d’une feuille de route claire pour le plan de cession de ses activités de terminaux de paiement. Selon les informations recueillies par L’Agefi, le mémorandum d’information portant sur ce périmètre de près de 320 millions d’euros d’Ebitda devrait être envoyé dans les prochains jours. Cela dans le but d’obtenir des premières offres d’ici fin mai. Mais le dossier ne serait pour autant pas ouvert à tous. En effet, Worldline ne souhaiterait pas voir de concurrents se positionner. La piste d’un adossement serait donc à ce jour exclue, le groupe tricolore préférant entamer des discussions avec des fonds d’investissement. Contacté, Worldline n’a pas répondu à nos sollicitations.

Un marché à 79 milliards de dollars

Un périmètre de cette envergure pourrait faire émerger un LBO à plus de 3 milliards d’euros. Une manne qui permettrait à Worldline d’alimenter ses ambitions en matière de croissance externe, notamment dans le segment des paiements électroniques. Dans le cadre d’une interview accordée à L’Agefi l’an dernier, Gilles Grapinet, PDG de Worldline, avait exprimé son souhait de poursuivre la consolidation en Europe et au-delà. Le groupe tricolore figure aujourd’hui à la quatrième place mondiale d’un marché en pleine expansion. Selon l’institut américain MarketsandMarkets, la taille des paiements électroniques devrait passer de 79,3 milliards à 154 milliards de dollars (128,5 milliards d’euros), entre 2020 et 2025.

La revente des activités de terminaux électroniques de Worldline avait été envisagée par le groupe, lors de son rapprochement avec Ingenico. Qui plus est, la Commission européenne avait décidé de conditionner le mariage entre les deux champions français des paiements à cette issue. «La présente concentration aurait réduit la concurrence dans le secteur des services de facilitation des paiements par cartes en magasin en Autriche, en Belgique et au Luxembourg», avait notamment fait savoir sa vice-présidente Margrethe Vestager, le 30 septembre dernier. En Autriche comme en Belgique, Worldline trône déjà à la première place du secteur de la fourniture et de la gestion de terminaux de point de vente.

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