Palantir donne le coup d’envoi de sa cotation sur le Nyse

le 27/08/2020 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le spécialiste d’analyses de données a dégagé 481 millions de dollars (+50%) de revenus au premier semestre pour une perte d’exploitation de 169 millions (-40%).

LA DGSI utilise notamment les services de Palantir, spécialiste américain de l’analyse de données.
LA DGSI utilise notamment les services de Palantir, spécialiste américain de l’analyse de données.
(Thomon [CC BY-SA 4.0])

Dans la série des IPOs (initial public offerings) de l’été, Palantir Technologies vient de déposer son projet d’introduction sur le Nyse (New York Stock Exchange) auprès de la SEC ( Security and Exchange Commission). Le spécialiste américain d’analyses de données, notamment actif dans l’anti-terrorisme – les renseignements français (DGSI) utilisent les services de Palantir depuis les attentats parisiens du 13 novembre 2015 – et dans le secteur financier, envisage depuis de nombreux mois son entrée en bourse. Plutôt que de choisir la classique procédure d’IPO, il a préféré opter pour la cotation directe, bien qu’elle ne lui permette pas de lever des fonds.

Lors d’un tour de table en 2015, Palantir a été valorisé autour de 20 milliards de dollars. En septembre 2019, il visait une valorisation de 26 à 30 milliards, selon des sources citées par Reuters. Début 2019, le Wall Street Journal évoquait même un maximum de 41 milliards !

Palantir propose trois catégories de titres : les actions de classe A assorties d’un droit de vote, les actions de classe B assorties de dix droits de vote, et les actions de classe F, réservées aux trois fondateurs Alexander Karp, l’actuel PDG, Stephen Cohen et Peter Thiel, également co-fondateur de PayPal, bénéficiant de droits de vote variables. Une structure destinée à préserver le contrôle des fondateurs, qui auront la capacité de garder jusqu’à 49,99% des droits de vote, afin de «permettre de continuer à prioriser des objectifs à long terme plutôt que des résultats à court terme, […], et pour décourager certains types de transactions pouvant impliquer une menace d’acquisition de la société», précise le document.

En 2019, le chiffre d’affaires de Palantir a progressé de 25%, à 743 millions de dollars, pour une perte d’exploitation de 576 millions (-7,5%). La perte nette reste stable à 580 millions. Sur le premier semestre 2020, les ventes ont crû de près de 50%, à 481 millions de dollars, tandis que la perte opérationnelle a été réduite de 40,5%, à 169 millions. Palantir a déjà déclaré vouloir atteindre l’équilibre financier dès cette année. La société vise le milliard de dollars de revenus en 2020, déclarait en juin une source proche à Reuters.

Parmi ses risques, Palantir précise que ses trois premiers clients pèsent pour 28% de son chiffre d’affaires 2019, et ses 20 premiers 67%. Les agences gouvernementales américaines font partie de ses principaux clients.

L’opération est dirigée par Morgan Stanley, avec Credit Suisse, Goldman Sachs, Allen, RBC, Citigroup, Jefferies, HSBC, SG, CIBC, Scotia, et MUFG.

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